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LES VESTIGES DU JOUR

J’ai enfin trouvé d’où me vient le virus du golf.
Cela a commencé, je devais avoir 8 ans ou 10 ans maximum.
Faudrait que je demande à ma mère tiens.
« -Allo mère ?
-Oui Mon fils que puis-je (j’ai transformé sa voix pour conserver son anonymat, elle ne sait pas que j’ai fais mon « coming out » golfique)
-j’avais quel âge au centre aéré ?
– 8 ou 10 ans mon fils »

Vous voyez, qu’est ce que je vous disais !

À cette époque (ça y est je fais partie du monde adulte, je viens de dire à cette époque !) le mercredi après-midi il y avait centre aéré.
Cela se passait dans un grand parc avec une énorme forêt (oui à cet âge, tout est énorme dès que ça dépasse votre taille) et une grande maison sans doute hantée, enfin, disons que si on y avait planté des draps il y aurait poussé des fantômes à coup sur…
Donc le mercredi après-midi on nous envoyait là-bas et je pense, mes souvenirs sont très confus, que j’étais très heureux d’y aller.
Et dans la forêt, et bien vous ne devinerez jamais ce que l’on a découvert avec ma bande (oui je devais sans aucun doute être chef de bande, c’est moi qui avait les plus grandes oreilles) :
Un déjà vieux mini-golf.
Des feuilles sur le béton rouge (sans doute époque post Pompidolienne) des parcours avec une ridelle en acier rond qui faisait le tour de chacune des surfaces de jeu.
Le trou souvent rempli d’eau douteuse avec parfois une grenouille dedans.
Une fente sur toute la longueur, ou une boursouflure dans la largeur causée par les racines qui reprenaient la place qu’on leur avait piquée.
Bref, un paradis…
Sauf que, avec quoi qu’on jouait au fait ?
Pas de club à l’horizon, enfin je ne me souviens pas en avoir vu un à moins qu’Al Zeihmer le terrible me guette déjà.
Et la balle, faut pas rêver…
Le paradis disais-je, ça se confirme.
Mais ce dont je suis sûr, c’est qu’on y a joué, et souvent même.
Sans doute avions taillé de branches d’arbre mort et récupéré des callots en acier à moins que par miracle on ait un jour trouvé une vraie balle, allez savoir, je ne le sais pas moi-même…
Et ce dont je suis sûr encore, c’est que j’y suis retourné souvent seul sans ma bande, occupée qu’elle était sans doute à arracher des cheveux à une bande rivale qui avait investit le vieux terrain de tennis, allez savoir, je viens de le dire que je ne le savais pas moi-même, suivez un peu, bordel de diantre !
Enfin c’était le bon temps mes bonzes amis.
Le temps où on ne se demandait pas si le bouleau était plus stiff que le hêtre…
Le temps où on ne se formalisait pas si un troupeau de vers de terre coupait la ligne de putt.
Le temps où on faisait un trou en un en quatre coups.
Le temps où le seul index que l’on connaissait était celui qu’on se mettait dans le nez…

Je passe souvent près de cette vieille maison en voiture depuis que je suis revenu vivre dans les parages de mon enfance.
Il faudrait que j’y retourne, juste pour voir si ce vestige y est toujours.
Pour voir si cette forêt est toujours aussi énorme.
Pour voir si mes yeux s’allument comme avant devant mon premier parcours de golf.
Pour retrouver et ne plus jamais perdre cette lumière dans les yeux que l’on a quand on fait une chose que l’on aime vraiment…

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