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LE BONHEUR EST DANS LE SABLE…

Journée chargée avec Mister Q…
Au programme, réception du fer4 et du fer3, deux clubs de plus en plus rare dans les sacs de golf et pour cause, ils ne sont pas vraiment aussi tolérants que les hybrides de même loft. Pour s’amuser ce n’est pas le choix à faire, pour les sensations de jeu, c’est fortement recommandé, en particulier pour la caste des golfeurs masochistes qui aiment avoir très mal lors d’une gratte ou d’un beau top envoyé avec bon cœur…
J’ai testé, je confirme, je ne suis pas maso et ça fait mal !
À cela ajoutons une rencontre avec Arnaud, le frère de Q, professeur de golf renommé pour un cours de stratégie de parcours ô combien indispensable dont je vous donnerais quelques infos.
Et surtout, une découverte de choix…le parcours de Belle-Dune…
Revenons donc au début de ce programme si vous le voulez bien, si vous ne le vouliez pas, tant pis, il faudra vous souvenir de ce dont je parlais en introduction.
Alors la reproduction des grenouilles en obstacle d’eau.
Hum…
Les longs fers, voir très longs.
Comme je l’ai expliqué auparavant dans un autre texte, pour satisfaire à mon besoin d’exigence que je tente de ne pas soigner, j’ai souhaité haussé mon niveau de sensations de jeu avec les fers 4 et 3. Plus j’aurai un retour d’information, plus je pourrais améliorer mon jeu, voici l’objectif.
Me voici donc à l’atelier à 9h30, enfin 27 mais on ne va pas chipoter non plus, pour le petit café des retrouvailles amicales avec les croissants s’il vous plait. Q est un hôte exemplaire et je conseille à toutes les personnes qui me recevront à l’avenir avant 10h de prévoir la même chose, merci d’avance.
Arnaud, son frère arrive peu après, il est vrai que le café de Q sent très bon et de loin…
Présentations faites, je prends mon putter pour commencer la discussion en tapant quelques balles, ça m’aide…
Q s’absente quelques secondes et revient avec deux pièces d’art, mes fers…
Ils sont superbes de sobriété, clones allongés des autres petits frères de la série mais plus courts que leurs cousins de même loft, les deux hybrides.
Petite prise en main rapide car je vais avoir le plaisir de les tester sur practice et parcours plus tard…
Arnaud, n’étant pas venu juste pour le café, prend les commandes pour parler de stratégie de parcours. Le but pédagogique de son cours est simple.
Puisque l’objectif de chaque trou est de faire tomber la baballe dans la petite boite et que cette zone est clairement définie, commençons par se demander une chose simple, avant de putter, pour arriver sur le green, quel est le coup le plus facile pour le joueur ?
Un coup de PW à 100m ?
Et bien soit, où suis-je sur le fairway à 100m du green et comment y parvenir sans prendre de risque ?
Cela dépend bien sur du par, 4 ou 5, prenons le par4 par exemple. Et autre donnée à prendre en compte, quel est mon index.
Prenons 18, joueur bogey et prenons aussi comme base de travail que le joueur fait deux putts de moyenne.
Il a donc besoin d’être sur le green en 3 coups pour respecter son index, ensuite, n’étant jamais à l’abri d’un bon coup, il peut ne faire qu’un putt et réaliser le par.
Donc, le joueur est à 100m du drapeau sur un par 4 de 380m par exemple.
Oui je sais, je suis un peu autoritaire concernant le choix des exemples mais bon, il faut bien prendre des décisions dans la vie et je ne sais comment faire un sondage sur internet alors allons au plus simple et cessez s’il vous plait de me couper tout le temps sinon cet article sera interminable et mon non-éditeur va me non-engueuler pour respect des non-délais !
Bref, si vous avec, comme moi, tout suivi, le joueur est à ce point là à 100m du drapeau et 280m du départ d’où il est arrivé en deux coups, rapport à son index.
Question essentielle maintenant car le principe de ce cours où la démonstration va éclater dans sa magnifique clarté sous peu, que prendre pour faire 280m en deux coups sans prendre de risque ?
Un bon gros coup de driver dans les arbres à droite et un recovery au fer5 ensuite ?
C’est une réponse possible en effet…
Mais je vous déconseille de la faire devant Arnaud de vive voix parce qu’ensuite il vous regarde de telle façon que pour le coup vous êtes vraiment l’idiot du village…
280m c’est 150m+ 130m (si, si prenez une calculette et vous verrez) donc pour le joueur 18, un coup de fer5 suivi d’un coup de fer7.
Et bah voila, vous avez la réponse. F5F7PW+2Putts et votre bogey est fait sans aucun risque.
Maintenant quand vous arrivez sur le départ d’un tel trou, par4 de 380m et fairway de 60m de large, osez me dire que vous ne montez pas sur les jaunes avec le driver déjà dans les mimines et l’adrénaline déjà dans les tubes ?
Mais oui c’est ça…mon œil…
Donc admettons, ok, je ne suis pas sectaire, Arnaud non plus, alors on se fait un match play, vous démarrez avec votre gros engin et boum vous envoyez une praline à 220m, bonne moyenne déjà si vous faites ça droit sur le fairway à chaque fois.
Non, pas plus sinon vous êtes dans les bois, mais si, ça arrive plus souvent qu’on ne le pense.
Le joueur X (gardons l’anonymat jusqu’au bout) tape son fer 5, tranquille mimile, vous êtes 70m devant, il joue donc en premier et joue tranquillou loulou son fer7 et le voila à 90m du green, à 100m du drapeau. On arrive à hauteur du cogneur, 380-220= 160m.
Et là petit cas de conscience.
160m c’est déjà une bonne distance pour toucher un green et s’y arrêter en plus…
Alors que va-t-il faire ?
Il vient de cogner, il ne va pas faire un petit coup d’enfant et restera dans son élan, zou il sort son fer5 voire un hybride et en avant le coup aléatoire par excellence !
S’il a de la chance, il tombe dans un bunker de green, s’il en a beaucoup, il reste un devant ou beaucoup derrière car pour le joueur standard, un fer5 ça ne pitche pas, ça roule et l’hybride je ne vous en parle même pas…
Allez, il est dans le bunker, c’est moi qui décide. Sortie délicate…
Monsieur X, peinardo Lolo, tape son PW et se retrouve sur le green à 4m du mât, je sais ça arrive souvent…
Bon, vous devinez la suite, le match play sera bouclé au trou 12 car le cogneur aura fini par s’énerver un peu et se lancera dans une campagne d’arrosage tous azimuts pour rattraper son retard…
Ce qu’il faut en conclure ?
Vous, je ne sais pas mais moi je vais tester lors de ma prochaine compétition d’index un parcours type Arnaud.
Je regarde le trou en détail avant de monter au départ avec le gros engin…
Parce qu’avec ce raisonnement là, vous allez apprendre à jouer tout vos fers et vous verrez que vous sécuriserez vos par4 et que vous ne serez pas à l’abri de scorer sur les par5 et les par3…
Réfléchissez-y tranquille, tranquillou, peinardo et vous verrez…
Oui je sais, j’ai acheté un driver, faut que je l’amortisse. Ok, pas de problème mais je préfère m’entrainer et arriver sans stress à une bonne maîtrise de l’engin avec un bon 240m de moyenne et là je pourrai prétendre à faire deux coups sur les par4 pour toucher le green sans risque…
Sur ce, la suite…
Petit aparté sur mon swing avec quelques observations du professeur sur des photos et un petit travail de posture fort utile et nous voila prêts à partir vers le golf de Belle-Dune pour faire le test et la ballade du jour.
Nous voici donc en route, serpentant la campagne où les radars automatiques viennent à peine d’arriver pour nous garer devant le club house…
Le golf de Belle-Dune est un golf à l’ancienne à mon goût, enfin à mon jeune goût de golfeur qui n’a pas encore fait 20 golfs différents.
Comment vous résumer la chose pour être explicite…Si, voila…il y a des petites serviettes en éponge délicatement enroulées dans un petit panier de bois sur les lavabos des vestiaires…
Hein, tout de suite ça vous donne l’image globale, non ?
Ah bon…
Pour moi oui…
Mais ce n’est pas tout, que l’on se rassure…
Le restaurant offre une carte délicieuse. Oui je dis cela en ayant goûté un seul plat mais il symbolise bien la carte… un steak haché fait maison, cuit à point dans une sauce au cheddar avec du vrai cheddar dedans qui fait des fils quand on sort un morceau de viande…Bon, 1000 calories la fourchette mais je vous le conseille maintenant que j’ai fait le parcours, ces calories ne seront pas de trop !
Ajoutez à cela un accueil tout a fait charmant, et ce jusqu’à la direction qui passait par là, bref on se sent vite chez soi et comme, malheureusement, ce n’est pas le cas, on a vite envie de revenir…
Mais cessons là l’oisiveté culinaire, un petit café et au boulot, y’a du practice à faire.
Même le practice est beau, décidemment, ils font tout pour que l’on revienne ici !
Échauffement et exercices de posture puis on commence les swings en visant bien entendu un point précis à chaque et en observant le swing de l’autre, ruse perfide de Q pour m’éviter de taper une balle toutes les quinze secondes…
Mais ça marche et arrivé au moment des longs fers je me surprends à envoyer quelques balles bien contactées en décontraction, pas totale mais en décontraction quand même.
Un peu de putting pour sentir le roulement du green et on se décide un peu tardivement, l’ambiance et le cheddar aidant, à prendre le départ vers le premier trou.
Des jaunes, le parcours a un slope de 137, un par de 71 et un SSS de 72.6, je vous laisse méditer sur les conséquences…
La région est réputée pour ces quelques zones venteuses, vive les bords de mer…Une partie du parcours est forestières, avec des arbres que je qualifierais de solides et l’autre longe la mer avec des bunkers naturels mais qui ne sont pas des bunkers, quoique je vous déconseille un coup d’essai dedans mais je vais y revenir sous peu.
Le parcours est tout simplement magnifique. Totalement en harmonie avec la nature, des fairways très bien dessinés et fort bien entretenus avec d’adorables vallonnements histoire d’oublier de suite les tapis de practice.
Les greens en sont la réplique en miniature, un bonheur pour qui veut apprendre à lire une ligne de putt.
En résumé, c’est beau, c’est dur, c’est venteux au possible mais ça vaut le coup de souffrir !
Sur l’ensemble, le jeu a été honorable, un putting solide puisqu’on l’on finit tout les deux avec moins de deux putts de moyenne, des mises en jeu de qualité pour Q, quasiment toutes au fer5, suivant les préceptes de son frère. Pour mon cas ce fut très aléatoire, un peu perturbé par son cours sur la posture, j’ai parfois un peu perdu mon swing et sur la fin, un peu mon calme.
Mais dans l’ensemble ce fut surtout une franche partie de rigolade, deux grands enfants à la plage, dans le sable, sous un vent à jouer un fer5 pour faire 120m sans toucher le green mais avec une raison de rire à chaque trou ou pas loin.
Nous nous sommes tout de même offert la joie d’un birdie chacun…
Mais je retiendrais surtout ce grand adage des chefs grands apaches qui ont vécu en baie de Somme sous l’antiquité, révisez votre histoire si vous êtes septiques, je cite :
« Quand grand vent de face, homme blanc, pas jouer dans le sable »
J’aurai appris quelque chose…j’ai mangé un nuage entier gracieusement soulevé au fer7…
Mais conséquence inattendue autant qu’utile, cela m’a permis de ne pas me crisper. Si, essayez de serrer les dents quand vous avez mangé du sable vous verrez…
J’aurai aussi eu le loisir de piquer une crise de nerf pour rien au 18, après un beau slice au driver lors du départ, Q voit une balle bien blanche pas loin du hors limite, un obstacle d’eau costaud me barre la route, j’y ai noyé 5 balles, joyeusement obstiné, avant de repartir rejoindre, un tantinet agacé tout de même, mon partenaire sur le fairway, en chemin je vois une balle dans le rough, écartée de l’obstacle, la mienne, la première que j’ai joué n’était pas la bonne, mais les 4 qui ont assommé les carpes étaient, elles, bien à moi…
Pas grave, comme dit le grand chef sioux : « quand homme blanc amorcer avec balles blanches, pêche bonne à la lune suivante »
En conclusion, un parcours que je conseille sans retenue si vous avez le plaisir de le partager avec un partenaire aussi agréable que Mister Q car je ne crois pas m’être amusé autant au golf qu’en sa compagnie…
Merci à toi pour cette belle journée et vivement la prochaine !

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4 Comments

  1. tout à fait et c’est aussi moins risqué que d’envoyer un coup de driver dans une zone injouable, un bunker de fairway voir un obstacle d’eau latéral qui coûterait plus qu’un coup de 20m raté au fer mais sur le fairway…
    je pense qu’il ne faut pas considérer cet exemple seul mais essayer de voir le résultat sur un parcours entier voir plusieurs, ce que je vais faire samedi et dimanche…

  2. OK, très bien le coup des deux coups de 150 et 130 mètres pour faire les 280 mètres. Ca suppose juste qu’on ne va ni gratter, ni toper ces deux coups, surtout le fer5 initial. S’il est gratté, le deuxième coup sera de 180 mètres, et alors là jolie pression pour un coup obligatoire avec un long fer ou un hybride, pas forcément sur un fairway parfaitement plat. Ma stratégie, c’est quand même l’hybride à 180 mètres au départ, qui me laissera comme option au deuxième coup entre 100 mètres (si réussi) et 150 mètres si moins bien contacté. Et donc un deuxième coup pas impossible. Le principe d’Arnaud, c’est de considérer que quand on est un bogey player, on ne doit pas tenter le green en régulation sur les par 4 et les par 5, mais les GIR+1.

  3. bien sur cher Overspin, j’ai pris un exemple presque caricatural, chacun aura ensuite sa façon de gérer certaines distances en fonction du terrain, mais l’objectif reste le même, se retrouver en confiance au moment de faire le dernier coup pour toucher le green. certains le voient à 120m et d’autres le préfèrent à 20m mais le premier objectif est bien d’arriver à ce point avec le plus de réussite possible…
    je vais tester cette technique dimanche pour une compétition comptant pour l’index, je laisse le driver et le bois 3 à la maison.

  4. Quels clubs pour faire 280 m en deux coups !!!

    Voila bien la question de la golfeuse (eur … je mets les dames à l’honneur pour une fois), ce n’est pas aussi simple d’abord il y a le terrain 280 m d’un par 5 tout droit ce n’est pas 280 m d’un parcours de montagne, ensuite et surtout il y a la confiance, eh oui JEROME il y a des golfeuses (eurs) qui préfèrent le drive au bois 3, et d’autre qui devant des fers droits ( 3 et 4 ) perdent tout leurs bons moyens … de toute façon n’oubliez pas que cela commence seulement quand on est autour du green.

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