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BON…

Mercredi, jour des enfants, excellente raison pour jouer au jeu du « chiche que je peux jouer du départ blanc sur l’Albatros ».
Sauf que je n’avais rien demandé moi !
Que voulez vous, Stéphane doit avoir une idée derrière la tête parce que, arrivés au départ du 1, quand je lui ai dit qu’il fallait être 11.5 pour démarrer des blancs, il n’a pas eu l’air d’entendre et a répondu à la place, « bonne partie ! »
Bon (pratique de commencer avec ce truc tiens), le parcours est offert, on ne va pas faire la fine bouche, et pour tout vous dire, ayant le légo (c’est mercredi je vous rappelle) facile à flatter, j’ai planté le tee à 350m du green plutôt qu’à 315.
Pas une grande différence.
Sur le 1 oui, mais ensuite…
Tout ça à cause de moi finalement.
Après notre parcours à Villennes et quelques conversations, après mon travail sur le backswing suite à ses conseils précis et efficaces, je lui ai demandé s’il voulait bien me faire progresser pour la saison prochaine et s’il voulait bien que l’on retourne faire un autre parcours ensemble.
Il a accepté, nous voici donc au 1 de l’Albatros après quelques balles au practice.
Stéphane est quelqu’un qui aime ce qu’il fait et qui aime communiquer ce qu’il sait, c’est très agréable d’apprendre avec une personne comme lui. Pour le moment nous « jouons » ensemble, sans un réel cursus pédagogique en place, on joue, presque entres amis si j’osais le terme.
Mais il observe mon swing, mes stratégies, mes réactions et l’air de rien, il semble faire une sorte de bilan très complet de mon niveau. Quand il me fait une remarque, je sens qu’elle vient de plusieurs observations et non d’un détail dont il vient juste de s’apercevoir.
J’écoute, j’applique, enfin j’essaye et jusque là j’avance à pas assurés car ses observations portent sur des détails que je peux travailler sans remettre la totalité de mon swing en question. C’est le style de Yoda et cette technique me va bien.
Pour que cela soit possible, je me dois de lui faire confiance sinon cela ne fonctionne pas.
Bon (allez ne soyons pas radin, on en remet discrètement), moi la confiance je la donne, c’est ainsi car j’estime que cela ne se mérite pas après des années de travail mais qu’il faut faire confiance en son instinct et l’offrir si on le sent ainsi.
Bon (encore là lui ?), cette technique, comme le golf, se perfectionne par l’erreur et je ne vous cache pas qu’elle m’a offert certaines des plus belles déceptions de ma jeune vie (oui je suis très jeune, j’ai décidé que j’étais très jeune, alors on ne discute pas) mais petit à petit cet instinct s’aiguise.
En même temps, quand je me rends compte que l’on a abusé de cette confiance, on peut toujours se gratter pour avoir du rabe…
Bref, je m’égare.
Revenons à ma brebis.
Le 1 de l’albatros départ blanc.
Bon (je le dis souvent aujourd’hui vous ne trouvez pas ?) je ne vais pas vous parler du parcours de Stéphane mais je l’ai vu se mettre en colère parce qu’à 150m du green il n’a posé sa balle qu’à 5m du drapeau, vous voyez le genre, au début je disais : « belle approche ! » après je n’ai plus osé de peur qu’il croit que je moquais.
-Bushnell mon ami, à combien suis-je de l’eau ?
-Je ne sais pas.
-Comment ça tu ne sais pas ???
-Bah non y’a plus de pile !!!
-Forcément…
Donc fer4, on ne sait jamais, ah trop court, fer8, sur le green, premier trou, première régulation, bon pour le moral, tient c’est quoi ces tout petits cailloux blancs sur le green ?
Les greens sont parsemés de minuscules cailloux blancs, sans doute un truc de jardinier pour leur bonne santé, toujours est il que pour garder une ligne ou pour évaluer une distance, on va ramer sur 18 trous, super…
Trois putts car une virgule au second coup, pas grave, on va s’intéresser aux autres compartiments du jeu.
Au 2, le joli par3 qui passe au dessus du lac, il y a 170m des blancs, vent léger, fer4. Gratte, je refais le coup car je suis là pour apprendre et vérifier si, en réussissant le swing, le choix était bon.
Au second coup, je touche le green, mon choix était le bon. Direction le 3 où je fais un mauvais choix au départ. Influencé par le départ blanc, j’ai pris le driver, je n’aurai pas du, le bois 3 suffisait largement. Au 4, par4 de 385m, driver suivi d’un fer6 un peu mou dans la frappe, je dois faire approche putt. Le télémètre me manque, je ne suis pas sur de certains choix de club et mon swing s’en ressent, pas totalement libéré.
Au 5, par4 de 350m, je prends le bois 3 et fer8 au second coup, mal estimé, un peu court. Au 6 par4 de 330, je prends le driver car je vois plus d’espace devant moi mais petit rough, un PW ensuite un peu retenu, dans l’ensemble du premier tiers, pas de réel problème pour chercher les régulations, du moins en distance, en précision c’est un autre problème.
On entame le deuxième tiers, en dépassant un groupe de 3, mais ce coup ci la tradition est respectée, je rate ma mise en jeu, balle retrouvée mais injouable et je la joue quand même, deux airshots, je relève, un peu énervé d’avoir aussi mal joué devant tout le monde.
Je ne me calme pas au trou suivant et rate la mise en jeu n’arrivant pas à me décider sur le choix du club. Au 9, drive un peu à droite, hybride un peu à gauche, fer7 en aveugle mais bonne direction et bon contact, on ne retrouvera jamais la balle. Les épices remontent au nez. Je relèverai donc au 10 après un second coup catastrophique. Stéphane observe sans intervenir, c’est à moi d’apprendre à trouver comment me calmer. Je fais un bon swing au 11, par3 de 155m mais la balle est juste et dévale la pente, le 60° rattrape le coup, direction le 12.
Des jaunes, le 12 est déjà impressionnant, par4 avec un fairway qui se referme bien et laisse encore un green surélevé délicat à jouer. Des blancs il y a 385m, driver obligatoire si l’on veut chercher une chance d’obtenir la régulation.
Je cherche un moyen de retrouver mon calme, je lorgne mon sac, j’ouvre une poche pour prendre une barre vitaminée mais je me trompe de poche et je tombe sur ma fiole « spécial hiver rigoureux », pourquoi pas… Une petite rasade, toute petite, j’ai l’impression d’avoir goûté la potion magique des gaulois, je me place à l’adresse et je la joue à l’instinct, l’esprit totalement libre, bingo !
J’ai bêtement cesser de penser à tout ce que je viens de rater, sachant au fond de moi que le coup suivant ne dépend pas du coup précédent mais j’avais du mal à faire revenir cette pensée à la surface, c’est chose faite maintenant.
Bon (ça faisait longtemps hein…) il va falloir trouver un autre moyen que la potion magique de 15 ans d’âge, cela m’ennuierait de faire une cirrhose avant de faire un grand prix…
Le mental positif a repris le dessus, ce qui tombe bien, on arrive au 13, trou maudit pour moi sur ce parcours.
C’est un par4 de 360m, fairway étroit, de l’eau à droite, de l’eau devant le green, des arbres qui ferment l’accès au green, handicap3.
Bois3 pour placer, la balle se place, je regarde les indications de distance au sol, fer7, bon contact, green ! Le putt sur cailloux se termine à 2cm du trou, j’ai manqué le birdie, pas grave, le trou est exorcisé !
On a attaqué avec ce 13 en introduction la partie la plus stratégique, la plus passionnante du parcours.
Le 14 est un par5 costaud, en montée, 505m, dog leg prononcé avec un plateau intermédiaire. Gros drive relâché, je me retrouve en position de le tenter en deux, hybride en draw propre, je touche l’entrée de green, putt d’approche, me voila totalement rassuré !
C’est là que Stéphane va me donner son conseil d’ami du jour.
Désarmement des poignets.
Mes balles sont très hautes de manière générale, ceci à cause d’un désarmement des poignets trop tôt dans la descente. Je ne m’en rendais bien entendu pas compte, confondant encore parfois la cause avec la conséquence, je ne pouvais corriger certaines choses seul.
Il m’explique, me montre, je teste, il corrige, m’explique à nouveau, je le travaille, je comprends, je me l’imprime dans mon petit cerveau portatif, mon carnet de notes.
Direction le 15, fameux par4 que l’on prend des noires parce que les greenkeepers du National l’ont décidé ainsi (gloups), je reste dans une stratégie de placement (normal c’est mon métier après tout) et départ au bois3, un peu de gratte, un peu de réussite, bien placée pour un second coup vers le green en île. Fer7 qui touche le green, deux putts sur cailloux, un par qui me ravit ! D’autant que depuis le 11 je suis en +2 seulement.
Le 16, c’est le joli par3 à moitié ou totalement au dessus de l’eau en fonction du départ et du drapeau, là ce sera départ noir encore et drapeau totalement à droite.
Comme sur le 2, je fais une belle gratte, je reprends le coup pour vérifier la validité de mon choix de club, fer5, bon contact mais trop long, un 60° du rough bien maîtrisé me laisse un putt de 50cm, allez, on dit par avec Mulligan…
Le 17, 415m, non c’est un par4…en montée…Green surélevé…Zen…
J’applique les poignets, balle moins haute et plus puissante, fer7 à suivre, mauvaise estimation de distance, putt d’approche mais c’est la première fois que j’ai eu la possibilité de le jouer comme un vrai par4 avec un second coup de moins de 150m.
On va finir le 18 des noires aussi avec une balle qui touchera la paroi en bois de l’île, pas grave, je suis vraiment content de ces 7 derniers trous que j’ai joués sans stress, sans l’impression d’impossibilité au niveau de la régulation.
L’air de rien, de petit conseil en petit truc, Stéphane me fait bien avancer !
On va parler ensuite matériel, je lui ai soumis mon idée de combo, il trouve cela plutôt bien.
La recherche de la lame idéale se poursuit donc !
Oui la recherche du swing idéal aussi mais ça, ça dure une quinzaine d’années en moyenne…

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2 Comments

  1. Mon cher Jérome je te remercie de la délicate attention dont tu fais preuve en ne citant qu'un seul coup à peu près potable de la partie!

    Car oui comme on aime à se le répéter , il faut s'entrainer, et là, franchement je suis très en desssous du nombres d'heures nécessaires pour reproduire durant 18t un Swing Correct!

    La semaine dernière ce fut au 1, drive green et un cuicui, hier ce fut le 18 des back, un bon (2ème) drive me laissant un f8 au 2ème shot et un Putt qui rentre,ouf….
    Car franchement les Greens, bien que magnifiques d'aspect, tenaient plus du roulement à bille que du Gazon!!

    Voilà donc le suis bon au 1 et au 18, le reste je ferais mieux d'accompagner Jérome en voiturette…
    J'éxagère un peu j'ai une longue seérie de par entre le 2 et le 15, mais quand vous faites , bêtement (c'est toujours bêtement) un triple au 1 et un double au 2, on se sent mal partie pour faire le par à l'arrivée…
    Même le: 3, P5, je suis fond de green en 2, le par!!
    Bon je vais ramer….
    Mais Jérome étant un super partenaire on a passé une superbe journée!

    Ce qu'il ne sait pas c'est que je lui programme une prochaine partie avec un jeune (comme lui) qui se prépare pour L'Alp's tour et qui vient de remporter le GP à Cély, et s'était qualifié pour l'Open du Stade Français (Cut manqué)

    Voilà donc le STFF il faut qu'il retourne s'entrainer sérieusement et Jérome m'impressionne de plus en plus de part sa capacité de compréhension et d'assimilation musculaire de SON Swing!

    Stéphane Calem

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