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TERRA INCOGNITA…

Deuxième partie de ce week end de compétition, la première manche de la coupe de Paris.
Villennes affronte le RCF la Boulie, à La Boulie, golf réputé que je n’ai pas encore eu le plaisir de jouer, même pas une petite reconnaissance, rien, nada. Je sais juste qu’il y a un fairway en descente parce que je l’ai vu de loin quand je passe en voiture sur l’A86, ça fait léger comme reco tout de même.
Vendredi soir, nous avions à Villennes un cocktail d’équipe, préparatoire au match et félicitant par la même occasion. J’ai fait là bas la connaissance de Paul, mon partenaire pour le double.
Paul est grand, souriant, 13 d’index. Voila les infos que j’ai avant le match.
C’est un peu léger pour mettre une stratégie en place tout de même.
Ce matin, météo clémente en ce 15 novembre, merci le réchauffement climatique, la fleur au fusil et la touffe d’herbe au club, me voici aux portes du domaine golfique de la Boulie, le mental consolidé des bons coups de la veille. Il est 8h45.
Le temps d’arriver au parking, c’est-à-dire 5mn après avoir passé le portail, oui le golf est grand, très grand même, deux parcours de 18 trous et un parcours de 9 trous, tout ça pour 600 membres c’est du gâchis ma bonne dame moi je vous dis.
Je vais m’annoncer à l’accueil, pardon, au secrétariat où un gentil monsieur en costume de mariage me souhaite la bienvenue d’un ton affable, m’indiquant le practice par la même occasion, allez ouste va faire joujou mon garçon.
Je passe devant un practice green, puis deux, puis un autre qui entoure un pin tellement centenaire qu’il a l’air d’avoir été toiletté la veille, tout va bien je me sens comme un poisson dans le désert, à l’aise blaise, j’en ai même oublié de demander où était les pipiroom, j’ai du penser inconsciemment que cela n’existait pas ici…
Je commence à taper les balles, poliment, m’excusant à chaque fois que cela fait trop de bruit, on n’est jamais trop prudent et j’aperçois du coin de l’œil moult gens passer, ils doivent se rendre à un baptême je pense, cela m’étonnerait pas qu’il y ait aussi une chapelle dans le domaine. Puis de temps à autre, une tête connue, puis deux, puis le reste de l’équipe qui se pointe, ils sont faciles à reconnaître, ils sourient, rient même et parlent plus forts que les autres.
Bon allez, cessons de railler, l’endroit est paradisiaque pour un golfeur, c’est rien que de la jalousie tout ça, juste parce que c’est moi qui doit cirer mes chaussures moi-même alors que là il y a un bâtiment où des gens rentrent en costume et ressortent en golfeur avec le chariot qui brille…lui aussi.
Je retrouve Paul, mon partenaire pour le foursome, nous sommes la dernière équipe à jouer, soit parce que nous sommes l’équipe sur laquelle tout le monde compte pour faire la différence au final soit parce que…non, ça doit être la première raison…
Sur la feuille de match, nos adversaires sont 10 tout les deux et membres bien entendus. J’apprends en discutant avec un des deux starters, celui qui a le plus joli brushing, qu’ils ont présélectionné 45 joueurs pour la coupe, que ceux qui jouent en double, s’entrainent en double au moins une fois par semaine en condition de match, que la semaine qui précède une rencontre, ils font le bilan des joueurs en forme pour sélectionner les 12 du jour.
Ok.
Il me demande comment cela se passe chez nous, je lui réponds qu’on a réussi à trouver 12 joueurs sur les douze présélectionnés et que cette rencontre est une bonne occasion de faire connaissance.
Il rit à gorge pas déployée me trouvant beaucoup d’humour…
Bon.
Nous voici tous rassemblés au départ du 1 du parcours de la Vallée, il y a une jolie maisonnette avec une salle d’attente où des exemplaires du Figaro Madame plus récents que ceux de la salle d’attente de mon dentiste, trainent sur la petite table ronde en chêne.
Soit.
Départ des blancs bien sur, il y a 9 matchs en tout,6 simples et 3 doubles, 9 départs donc où le starter au brushing plus court annoncera à chaque fois à haute voix que Villennes à l’honneur, que l’on peut placer la balle sur le fairway et que bonne partie messieurs, à mon avis le gars a déjà du annoncer les entrées de bal de Monsieur et Madame de la ridelle du Camion quand Monsieur de la Porte qui Grince recevait aux temps fastes de l’avant crise.
Oui je sais c’est rien que de la jalousie encore une fois et allons de ce pas venger l’affront sur le vert.
Le foursome est une formule simplissime, deux joueurs jouent à tour de rôle sur chaque trou, un joueur fera les mises en jeu des trous pairs et l’autre des trous impairs…
Donc, quand je fais un super coup, mon partenaire a le droit de le gâcher avec une bonne gratte et en représailles j’ai le droit de l’envoyer jouer dans la foret après. Une formule utile pour faire naître de grandes amitiés durables.
Bon, avec Paul, on se fait 27 secondes de stratégie, les impairs ont plus de par3, je les prends.
Ah zut c’est moi qui joue le premier coup de la partie du coup.
Tout le monde a joue le driver, je le prends aussi, pas de raison et boum ! Sur le fairway ! Du trou d’à coté…
Paul et moi avons mis en place une stratégie de secours au cas où ce genre de petit désagrément arriverait, prenons tout cela avec le sourire, de toute façon il fait beau et la compétition n’a surement pas besoin de nos points.
Nos honorables adversaires ont envoyé de l’autre coté sous les arbres, une autre stratégie puis leur coup suivant tombe balle à branche avec un énorme pin au milieu du fairway, on a bien fait de passer par l’autre trou finalement. Bon, on leur donne le point au putt parce qu’on le vaut bien. On le reprend au trou suivant, faut pas déconner non plus.
le beau départ du 2
Le match se tient jusqu’où trou 5 puisque nous aurons la politesse de ne pas lâchement profiter de leurs erreurs, étiquette oblige. Quand vient notre tour d’en faire, visiblement nos adversaires semblent avoir un autre avis, sans doute animés par une volonté farouche de vaincre l’envahisseur. Des restes de Charles Martel sans doute…
On est 4 down au sortir du 9. Je prends des photos quand ce n’est pas mon tour de jouer, quitte à prendre une déculotté de touriste en goguette, autant y aller jusqu’au bout.le gentil par3 du 10
Début du 12, nous sommes 6 down, je rentre un putt de 3m, enfin oserai je dire puisque le putting aujourd’hui, comment dire, était plutôt original, tout cela sous l’œil tendu de nos adversaires. Ah oui, je viens de me rendre compte que j’ai sauvé une balle de match, où avais je donc la tête.green bien protégé du 12
Il faut dire qu’avec Paul, depuis le trou 8, on s’était fait une raison et nous admirions le paysage plus que nos coups de golf, de plus en plus déplorables. En même temps, on s’est dit que si nous n’abimions pas le fairway, on serait sans doute invités de nouveau…
Bref.
Départ du 13, par3, porte bonheur donc, de 160m avec 20m de dénivelé en montée, le gentil membre attaque au bois5 je crois et plante le mât sous les applaudissements feutrés d’un public venu juste ici pour assister à la mise à mort. Le membre en second plante le putt, birdie, ça c’est fait, merci beaucoup, mais de rien ce fut un plaisir de prendre une déculottée en votre si charmante compagnie, mais bien sur que cela fut difficile sur des terres inconnues, mais comment donc vous avez si bien joué que nous n’aurions rien pu faire, mais non, mais non cessez là je vais rougir, voulez vous continuer le parcours, les plus beaux trous sont à venir, que c’est aimable de votre part, merci beaucoup, avec plaisir, nous continuons en foursome si vous voulez ? Et mon fer4 dans votre tronche, le voulez vous ?
Donc on ne continue pas en foursome…
Et oui les plus beaux trous restaient à venir…
Nos amis de toujours nous quittent au 16 après nous avoir demandé 10 fois si nous trouvions le parcours à notre goût, à la dixième réponse, convaincus visiblement, ils sont repartis vers de nouvelles aventures emplies de moult péripéties je n’en doute pas.
Paul et moi finissons les deux par5 du final en scramble, histoire de faire au moins un par dans la journée, ça fait toujours du bien.
Nous recroisons Brushing Ier en partant auprès de qui nous nous enquerrons du score.
21 à 0.
On a bien fait de penser que notre position de derniers partants était plus que stratégique…
Bon, je me moque un peu, c’est à cause de la raclée en grand uniforme surtout, mais si vous avez l’occasion d’aller jouer là bas, allez y car c’est vraiment un endroit splendide et il serait stupide de le snober…
Sur ce, je crois qu’un peu d’entrainement en foursome avec le copain Paul avec qui je jouerai le 29 pour le prochain match ne serait pas inutile !
Bonne semaine !
départ impressionnant du 18

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12 Comments

  1. je suppose que c'est 2 points le gain du match en simple et 1 point en double?

    Comment faire 21/0 avec 9 matchs?

  2. Effectivement, un beau WE d'ete (quand les gentils membres sont prets a accueillir les golfeurs de passage), 1Up et le proprietaire breton avons eu l'occasion de partager un des meilleurs moments de golf qu'il m'ait ete donne l'occasion de partager.
    La parcours est beau, bien entretenu, challenging, mais partout on y trouve un peu de l'ame de ce sport plus que centenaire. Et l'achevement de la partie au club-house nous confirme qu'il reste encore quelques vestiges de cette epoque, bien eloignes des parcours qui permettent aujourd'hui a 400.000 francais d'y trouver aussi du plaisir au meme sport.
    Et meme si on aime un peu Beaubourg, cela fait toujours du bien de passer du temps au Louvre !
    Longue vie a la Boulie, au Racing, dont j'aime parfois a arborer les couleurs, seulement partagees en ce matin de Juillet. miro

  3. comment dire….MDRRRRRRR!! excellentissime, on s y croirait…c est juste les golfeurs……comme je les deteste, mais heureusement, tu es d une autre rrrrrrace!!

    bravo et bizzzzzzzzz
    Lau

  4. Nous avons eu un excellent accueil, il faut bien le souligner, je me moque un peu avec mon regard très en recul et légèrement ironique mais si j'ai l'occasion d'y retourner, il est évident que j'y retourne avec un plaisir golfique évident!

  5. Moi j'adore la Boulie … pour le golf, pas pour ceux qui le fréquentent. Avec Ironben et Miro on a un bon souvenir d'une matinée superbe sur le parcours, et d'un pot à la terrasse du club-house au milieu des "pintades" ! xptdrrrr !!!

  6. Ils ont une vraie équipe, un vrai esprit d'équipe et en effet un vrai staff pret à les amener à la victoire et c'est sur que si j'avais joué seul, le 20° suffisait mais je n'avais aucune idée du jeu de fer de mon partenaire donc j'ai essayé de l'approcher le plus possible…

  7. C'est sûr qu'être 6 down en arrivant sur le 12, ça sent la fessée. On ne t'avait pas prévenu que la Boulie était trèèèès attaché à la Coupe de Paris ? Ils ont peut-être 600 membres, mais un paquet de bons parmi eux, et des pros disponibles à tout moment du jour pour te donner un cours, ils en ont quelques uns.

    Et puis t'avais qu'à pas sortir la babatte au départ du 1 sur un trou qui ne fait pas 350 mètres

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