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DES MOTS, DES MAUX, DÉMO À MEAUX…

Voila, c’est fait, mon premier PRO AM fait désormais partie de mes souvenirs…
Une longue, très longue journée qui s’est découpée en plusieurs chapitres entre 3h et 22h …
Pourquoi 3h alors que j’avais calculé une grasse matinée sauvage de 2mn sur un réveil programmé à 4h45 ?
Insomnie.
Sans aucun doute à mettre sur le compte de l’excitation juvénile qui m’agite et me laisse éveillé dès qu’il s’agit d’aller vivre une grande « première fois ».
Au golf je précise, on ne sait jamais, il y a des tournures qui parfois pourraient prêter à confusion…
Pourquoi 22h ?
Vous le saurez très vite.
Si si je vous assure…

CHAPITRE 1 : Savoir partir à l’heure…

Début de compétition à 9h, 1h15 de route, une petite heure d’entrainement, calcul simple donc, ça nous colle un départ à 6h15.
Un réveil en conséquence facile à gérer puisque j’étais debout une heure avant qu’il ne sonne !
Paul est à l’heure, il a proposé fort gentiment de gérer la conduite, il va souffrir dans les bouchons qui commencent très vite. Allez savoir ce que faisaient tous ces gens là une heure avant l’heure de pointe matinale habituelle…
Si ça se trouve y’a que nous qui nous sommes mis à l’heure d’été ?
Arrivés au golf à 8h20, Paul reste zen moi je panique à l’idée de ne pas pouvoir m’entrainer assez avant, ça va me coller au mental toute la compétition ça…
Pierre et Yan sont sur place depuis longtemps, échauffés, frais et souriants.
C’est vrai que je ne l’avais jamais rencontré en vrai encore Bosley.
Il est comme à la télé !
Avec un grand sourire en plus !

CHAPITRE 2 : La compétition.

Le petit briefing de départ par le responsable de la compétition, présentation de quelques pros plus connus que les autres et amateurs de renom, il y a des Audi partout sur les abords du Club House.
Chouette, en plus y’a un tirage au sort à la remise des prix !
Trêve de rêvasseries à 200 chevaux, départ en shot gun au trou numéro 10.
Je vais prévenir Yan que ça ne colle pas avec notre reco car on l’avait fait du trou n°1 avec Pierre.
Bah oui j’ai tout automatisé moi, le premier coup de la journée c’est un drive sur la gauche du fairway !
Et là on commence sur un par3, ça va poser un problème de distance évident…
Yan est mort de rire, visiblement mon angoisse profonde n’a pas été comprise…
Bon, on va tout chambouler alors.
Ah et puis le vent, ce n’est pas le même.
Par contre le soleil c’est bon il est là.
C’est déjà ça…
Le système de la compétition est simple, addition des deux meilleurs scores « brut et net » sur chaque trou, règle du 4BMB pour le trio des drôles de potes, Yan fera son score de son coté.
Bien fait, il n’avait qu’à pas se moquer…
Je ne vais pas vous faire le récit de tout le parcours car c’est un peu long quand même ce genre de formule mais je vous propose quelques extraits…

CHAPITRE 3 : Ze best of…

Enfin best of, si je choisis les meilleurs coups et uniquement ceux là, le chapitre va être un peu court.
Comment ça tant mieux ?!?
Sur le 10, R.A.S, on fait connaissance avec les greens qui semblent encore plus roulants qu’à la reco. Sur le 11 où j’avais voulu couper au bois3, je coupe…le fairway à gauche, heureusement Paul assure le par. Sur le 12, le grand par4 en montée, c’est concours de drive, le mien part bien mais un mauvais rebond m’envoie dans le petit rough de gauche. Yan, dans un souci de ne pas nous perturber immédiatement avec son jeu de professionnel va envoyer sa balle sur le fairway de droite, nous sommes touchés par son esprit pédagogique. C’est dans ce même souci que nous décidons de faire un double bogey sur ce trou.


Sur le 13, je coupe avec Paul à gauche, Pierre et Yan vont sur la droite, on joue stratégie pour empêcher le trou de se faire la malle. Sur le 14, même technique, Pierre bloque par le rough de gauche, moi par le rough de droite, Yan et Paul attaquent de face.


Seul problème, les greens, un véritable exercice de funambule, trop attaqué, le putt de retour fait 2m au mieux, mal attaqué, la courbe est accentuée, on finit largement en dessous.
C’est parfois une vraie torture, mais je suis secrètement ravi de me frotter à des greens de haut niveau.
Sur le 15, le plus facile, arrosage pour moi, je laisse les compères gérer avec Yan. Je ressens un peu de frustration, m’étant laissé convaincre, par moi-même, que le manque d’entrainement m’empêcherait d’être en confiance dans mon jeu.
Sur le 16, le par5 qui nous a tant fait souffrir à la reco, départ approximatif mais bien placé, Paul part en vrille et Pierre dévie à gauche. Yan a un peu de réussite et se place bien.
Une voiturette stoppe non loin de Pierre, un monsieur en descend avec un appareil photo de paparazzi et le mitraille consciencieusement.
Bon.
Pierre rate son coup et se retrouve dans une situation plus que délicate, Paul est dans l’eau, selon le principe du 4BMB, il serait donc préférable que j’assure. Sauf que le paparazzi s’approche de moi et que son super appareil je sais ce qu’il fait comme bruit quand il appuie dessus…
Ça ne rate pas. Je le sens prêt à déclencher quand je monte à l’adresse, mon coup est totalement foireux, un push-top-slice en gros qui vient se coller sur un tronc d’arbre à peine 50m plus loin. Mon coup est raté, sa photo réussie ou pas je m’en fiche, je lui fais remarquer que sa présence m’a fortement indisposé mais je suis en colère et gêné à la fois. Gêné car il faisait tout pour couvrir au mieux la compétition finalement et j’ai l’impression de faire la star capricieuse, en colère quand même car sa démarche est très intrusive pour qui n’est pas habitué et surtout en cet instant où j’avais en quelque sorte la responsabilité d’assurer le score du trio car mes deux amis s’en sortaient moins bien à ce moment. Ça se terminera sur un 8 pour le par5, frustrant.
Sur le 17, Paul décroche un peu, Pierre n’est pas dans son rythme, Yan qui joue toujours en premier fait un beau coup qui retombe à hauteur du mât à 3 ou 4m sur la droite. À mon tour, je fais très attention à me focaliser sur l’instant et sur la cible, visualisation de la trajectoire que je veux. Ce n’est pas que je ne pense plus au 8, juste avant, c’est que je pense plus intensément à ce que je vais faire maintenant. Résultat, le swing est relâché, la balle plante à deux mètres du mât, je me sens bien. Tout s’est passé comme dans un rêve.
Sur le 18, bon départ mais la suite est très irrégulière et gros problème pour conserver une bonne concentration et une vraie routine comme sur le 17. Heureusement que les amis sont là et que Yan fait preuve d’une bonne humeur communicative.
Le niveau de jeu à l’aller n’a franchement pas été folichon, je suis très déçu personnellement vis-à-vis de Yan de ne pas avoir réussi à jouer au moins comme à la reco. Toujours ce besoin, toxique à force, de vouloir prouver ma valeur alors que je suis encore en phase d’apprentissage dans l’échelle incroyablement exigeante de ce sport magnifique.
Si je devais retenir une leçon de cette journée ce serait d’accepter que le temps fasse son œuvre, on n’acquiert pas l’expérience comme ça parce qu’on l’a décidé.
« On n’arrive pas en haut d’un escalier sans être passé par la marche du bas… »
Jean Roger Eiffel (le fils caché du gars de la tour du même nom)
Fin de l’aller qui était le retour.
On se dit avec les compères qu’en remettant dans un autre ordre les coups joués, on aurait fait une plutôt bonne première partie mais Yan nous explique que non, c’est pas possible.
Bon, direction le 1 alors. Drive un peu dans le rough de gauche comme à la reco mais un peu plus, Pierre et Paul se placent bien, Yan aussi, tout va bien pour l’équipe. On descend le fairway parsemé de balles jaunes.
C’est ça d’avoir un trou qui longe la droite du practice où le slice est roi…


Sauf qu’au moment de jouer, j’entends derrière moi le bruit des balles qui retombent et tout comme pour le photographe, impossible de rester serein, de me mettre dans ma bulle, ce seront aux amis d’assurer le score ici, encore une fois… Sur le deux ce sera le même scénario, sur le trois aussi et en voici la preuve flagrante !

Oui je ne suis pas sur la photo où on reconnait bien Paul, Pierre et Yan, je suis dans un sapin à droite mais bon l’appareil de Yan n’étant pas un grand angle…
Au 4, c’est pareil à un détail près pour le putting où je passe tout près du trou après un putt sur une trajectoire plus que délicate. Ce sera mon joli raté du jour.
Sur le 5 j’arrive bien à négocier mais la régul est manquée, la balle recule avec l’effet et dévale pour sortir du green, manque de confiance je rate la petite approche…
Ça sent le passage à vide personnel qui se poursuit au 6, puis au 7, puis au 8 avec un finish en apothéose au 9 où mon drive de départ file en cloche topée vers le ruisseau. On la voit bien rentrer dans le carré d’herbe mais on ne la retrouvera jamais.
La balle, honteuse sait disparaître avec honneur et rapidité. Je droppe et envois un magnifique fer5 qui refait cette même cloche étrange, rebondit sur le pont de bois 30m plus loin et se précipite dans le lac. Suicide collectif, je vais rejouer tout de même pour finir la partie avec les amis.
Je ne raconte pas ça pour être prit en pitié, loin de là car quand je me plonge dans le souvenir de ces trous en particulier et du parcours en général, je ne retiens qu’une longue succession d’éclats de rire de chacun. Nous avons réussi à rire et à faire rire de nos déboires respectifs, nous avions toujours « un bon mot » à la bouche, toujours un remarque motivante à faire, le quatuor a apprit à se connaître et à jouer ensemble dans une ambiance merveilleuse, sous un soleil radieux et sur un parcours splendide.
Je vous assure il y a des jours comme ça où on ne peut faire autrement, Drucker ! Sors de ce corps !
Finalement c’est ce que je retiens de cette journée, le sourire, un vrai plaisir à jouer au golf sans regret pour le score.

Et pourtant les bons coups n’ont pas manqué !
Pierre a fait un superbe birdie au 8 en tenant en plus le concours d’approche jusqu’à ce qu’un autre, sans aucun doute sur un coup de chance, ne lui vole honteusement le prix !
Paul a assuré la majeure partie du score du trio et Yan a fait un retour impeccable, solide, une vraie démonstration pédagogique de stratégie.
Les raisons ne manquent pas pour garder en mémoire un souvenir heureux de cette compétition.
Les bonnes choses ont une fin, il nous faut laisser la place au shot gun de l’après midi.
Prochain rendez vous officiel, la remise des prix prévue vers 19h, d’ici là : Quartier libre !
Enfin on va déjà manger parce que bon, 14h bien sonné, réveil 3h30, un peu la dalle quand même, le sandwich au Nutella est passé quasiment inaperçu…
À suivre…

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2 Comments

  1. Comme d'habitude, on a envie d'y être aussi sur ce parcours…Grâce à toi Jérôme..!

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