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Z’AVEZ PAS UN JETON ?

Samedi matin, après le PRO AM, je m’offre une grasse matinée jusqu’à 7h.
Ah oui, c’est un minimum le week end quand même…
Au programme, promenade pour moi et double supplice pour un ami.
Il fait l’Albatros en compétition et en stroke play, ça fait un supplice.
Je serai son caddy ou cadet mais pas caddie ça me rappelle trop Carrefour, voila pour le deuxième…
Je ne rigole qu’à moitié pour le second car être un cadet silencieux et appliqué à sa tache purement logistique, ça va, on ne risque rien. Laisser la porte ouverte pour « coacher » légèrement le joueur cela peut devenir soit très bénéfique, soit très destructeur si le message, le courant ou la caravane ne passe pas…
Donc 9h40 en basket (c’est fou ce que c’est agréable ces petites chaussures toutes souples sur un fairway !) je retrouve l’ami Frank sur le practice green, son départ est dans une petite demie heure.
Nous avions longuement discuté stratégie la semaine passée et établi un plan de bataille détaillé trou par trou, surtout concernant le club de départ et les trous à jouer en sécurité absolue.
Le stroke play c’est LA bonne manière de jouer au golf. On ne relève jamais la balle, on va jusqu’au dernier putt quoi qu’il se passe entre le tee de départ et le green.
Et je vous assure que sur l’Albatros, il peut s’en passer des choses…
Donc me voici pour la seconde fois, cadet.
Frank a un index entre 11 et 12, je ne l’ai jamais vu jouer ce qui va être un handicap tout de même pour l’aider. Nous avons remplacé cela par de longues discussions franches sur ses distances moyennes, le type de jeu qu’il préfère, comment il aborde le petit jeu etc.
Mon objectif premier est de veiller à ce qu’il ne se préoccupe que de son jeu et pas du reste, ça va même jusqu’à faire penser à boire car dans la partie, absorbé par le jeu, on oublie parfois ce petit détail…
Mais Pif, il n’oublie rien lui…
Rancunier en plus…
Après réflexion j’avoue que le choix de cette compétition est courageux pour ne pas dire téméraire.
L’Albatros pour une remise en jambe, en stroke play, il faut oser quand même…
Bon qui dit remise en jambe dit remise en route du «capital confiance » alors je vais faire volontairement abstraction de tout ce qui a été négatif et faire le détail des bons coups.
Certes, dans une partie aussi exigeante que celle-ci, on pourrait faire le cynique et se dire que tant mieux l’article sera moins long.
Je préfère penser que c’est tant mieux car ce sera plus facile et plus bénéfique à retenir.
Personnellement je ne saurai trop vous conseiller (AMHA comme on dit souvent sur les forums) de vous faire une banque de données, spécial « bons coups de golf ».

Déjà vous virez la banque de données stockées sous le titre « là j’ai fait ça et ça a raté » et vous aurez un espace mémoire important automatiquement libéré.
Ensuite vous rentrez chaque coup bien joué avec la mémorisation de la trajectoire surtout et les rebonds éventuels, le rythme, l’état d’esprit, le maximum d’informations quoi…
Le but logique est qu’il est préférable de donner au cerveau la possibilité de restituer plus souvent ce qui marche que ce qui n’a pas fonctionné…
Donc en avant pour l’exercice de mémorisation.

Au 1 :
Excellent départ au driver, rythme et tempo au top, détendu dans le swing et puissant dans la balle qui retombe pile poil là où Frank avait mis un point sur son carnet de parcours, un fer8 dosé au dessus de l’eau bien dans l’alignement et un très bon putt de retour bien attaqué. Un par tout simplement déroulé !
Au 2 :
Bon tempo dans l’approche en second coup délicatement placé sur ce par3 au green très proche de l’eau.
Au 3 :
Deux très bons coups de fer. 7 et 9 dans la foulée après un mauvais départ et un second coup mal géré, il fallait un bon mental pour les faire à ce moment là.
Au 4 :
Départ raté sur ce par4 long et en montée constante. Gros coup de fer5 du rough de droite, balle haute et rapide. Qui vient se poser sur la gauche devant le bunker de green, un excellent recovery à retenir ! L’approche au wedge ensuite sur ce green sur élevé est bien déroulée, balle haute et courte à la fois, jamais évident…
Au 5 :
Même topo que sur le 4, fer7 de la droite du rough qui survole bien le fairway pour retomber sur le contrebas de ce green en butte. Deux fois le même bon rythme qui donne une balle franche dans la sortie de tête du club.
Au 7 :
Encore le fer5 en second coup du rough, il faut prendre les caractéristiques mécaniques de ce fer car Frank est vraiment à l’aise avec !
Au 8 :
Grosse impression sur ce trou car celui d’avant n’a pas apporté un bon score.
Bien concentré au départ de ce par3 plus que délicat, le fer3 sera parfait, retombée au centre du green avec peu de roulement ensuite bien que le coup se joue de plus haut, vraiment un swing à retenir là. Un très beau par aussi sur celui là.

Au 9 :
Bon enchainement de fers du second coup jusqu’au green, à retenir car ce sont les clubs de confiance du sac et cela en fait quelques uns !
Fin de l’aller, comme je le disais, je ne parle pas des mauvais coups ni du score, l’intérêt de la reprise après la pause hivernale c’est de faire le plein avec de l’énergie positive.
En plus ça ne pollue pas alors…
À retenir donc un jeu de fer solide et confiant !
Au 10 :
CQFD. Après un mauvais départ et une mauvaise gratte dans un rough très possessif, un superbe coup de fer8 qui monte bien haut pour chercher ce green très élevé. Comme à chaque fois que le coup est réussi, je note un rythme et un tempo bien particulier.
Une montée bien contrôlée et fluide et une attaque homogène avec beaucoup de puissance au moment de l’impact. La balle est vraiment propulsée…
Au 11 :
Vent de face, drapeau au fond, Frank n’est pas un joueur très long mais peu importe, il y a 14 clubs dans le sac donc toujours un pour la distance donnée. Encore le fer3 qui va voler tranquillement vers le drapeau…
Au 12 :
Un fer8 en souplesse pour prendre le green car le drapeau est caché en haut à droite donc délicat à attaquer…
Au 13 :
Très bon départ au driver, le même qu’au 1, sensation de calme et de puissance à la fois.
Au 14 :
Bien qu’en délicatesse avec les bois depuis le début, regain de confiance et bois7 pour le second coup parfaitement exécuté, c’est bien simple on dirait dit un demi-coup de wedge dans le tempo et pourtant la balle a fait un sacré chemin ! À noter pour le petit jeu une très belle approche putt réussie avec un fer8 roulant qui ajoute un par de plus bien mérité…
Au 15 :
Excellente combinaison recovery au fer8 sur une zone en travaux non signalée suivi de l’habituel club de confiance des fairways, le fer5.
Au 17 :
Passage à vide sur le trou précédent n’empêche pas de faire très correctement ce terrible par4 avec un drive bien contrôlé et relâché, un fer4 sur le fairway joué totalement en confiance suivi d’un coup de wedge franc et sur.
Au 18 :
Il est très dur ce 18 n’est ce pas…Mais j’ai regardé Frank finir ce parcours marathon malgré un gros passage à vide au départ du 18, il a mit un point d’honneur à terminer jusqu’au bruit de la balle qui tombe et pour le mental c’est une très bonne chose.

Bien sur, le score n’est pas excellent, bien sur qu’il y a moyen de revenir sur pleins de coups bêtement ratés.
Bien sur…
Mais on ne peut pas refaire un match, ce qui est fait est fait alors mieux vaut retenir les meilleurs moments.
Et je suis sur que Frank sera lui-même étonné que la liste soit si longue…
Moi le premier, il m’a fallu du temps pour comprendre l’importance de ce travail, l’intérêt de ne pas, en plus d’un coup raté, s’infliger une auto-flagellation supplémentaire.
Même si on joue seul, il y a quand même un supporter.

Nous même.

Et je préfère quand 100% des supporters sont là pour m’encourager et non pour me plonger la tête dans l’eau quand j’ai déjà bu la tasse…
Essayez, vous verrez que ça vaut le coup.
Bonne semaine !

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3 Comments

  1. Mais comment tu fais pour te souvenir de tous ces coups??? tu prends des notes en portant le sac????

  2. effectivement je ne pensais pas qu'il y en ai eu autant des bons coups et en relisant ce CR je me souviens de tous, du rythme et de la sensation ressentie à chaque fois.
    je suis sûr d'avoir trouvé mon rythme personnel désormais, à moi de l'ancrer maintenant.
    il en a fallu des années…

    merci beaucoup Jérôme !!!

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