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KËRLING…

Un peu d’histoire avant de rentrer dans le vif du sujet si vous le voulez bien.
Ce sport méconnu perdure dans une petite zone historique du bas quimpérois au sein de la demeure de l’illustre historien de ce sport, j’ai nommé le docteur Nainbus Muscarion que l’on surnomme affectueusement, entre nous, Minifly.

 

Il tire ses origines étymologiques et sportives du Curling, sport né en Écosse, pays aux hivers rudes et gelés.
Les écossais, grands envahisseurs de la méditerranée au treizième siècle (mais si voyons) sont tombés amoureux de la pétanque pendant leurs permissions sur la cote d’azur et ont à tout prix voulu ramener cette boulistique distraction en leurs contrées nordiques.

Malheureusement, les hivers neigeux et glacés du quatorzième siècle (mais bien sur que si enfin) ont obligé le fier « Homme de Kilt » à revoir un peu la taille des boules qui se perdaient trop souvent dans la neige. Celles de pétanque, ne nous égarons pas s’il vous plait…
Grands exportateurs de granit, dont les clients furent les égyptiens qui en abusèrent pour construire leurs pyramides (mais si, pourquoi voulez vous qu’ils aillent en méditerranée sinon, revoyez un peu vos livres d’histoire enfin !), ils eurent l’idée de faire leurs boules dans cette matière dans un premier temps.
Malheureusement encore, la neige empêcha le roulement et le poids empêcha de pointer. Désabusé un écossais, Sir John Mac Keurlouf, jeta sa boule dans le lac sis à coté de la piste de jeu.
La boule, ne brisa pas la glace, mieux encore, elle glissa longuement et tranquillement jusqu’au centre du lac.
      « Chiche que tu ne le refais pas Mac Keurlouf ! » s’écria Aristide Mac Golfus, son ami d’enfance
Et là, sous les ovations délirantes de la foule massée sur le lac gelé, il recommença le geste.
Foule il y avait car en Écosse, il faut le savoir, on ne savait pas fabriquer de miroir (mais si faites moi confiance, diantre alors !) alors on prenait grand soin des lacs en les balayant constamment pour conserver cet aspect poli et réflecteur.
Aristide Mac Golfus, de plus faible constitution, tenta lui aussi l’exploit mais sa boule, glissa moins vite, sa femme se précipita alors au devant pour balayer énergiquement ce qui permit à la graniteuse baballe de finir à hauteur des boules de Mac Keurlouf avec un joli « bing ! » à l’impact.
Un sport était né, le Keurbing qui devint pour des raisons obscures de transformation de la langue, le Curling…

Il fallu attendre les dégels historiques du seizième siècle pour transposer ce sport sur le gazon et encore un siècle pour voir arriver les premières boules en région bretonne, Mac Keurlouf ayant quelques cousins éloignés par là bas…
Tout le monde voulu avoir sa piste de gazon chez lui et les invitations à jouer allaient bon train.
Malheureusement, les manuels de règle écossais étaient stricts à l’époque et la première condition de jeu fut d’avoir 8 boules dans chaque camp.
8 fois 20kg de granit à apporter chez le voisin, cela fatigue rapidement et il fallu trouver une solution.
Elle vint du professeur Corentin Kermoucheron, inventeur étonnant de la table en gazon car sa femme Kermartine, dont il était éperdument amoureux, souffrait d’allergies caractérisées et multiples à divers pollens, insectes et feuilles d’arbres mais adorait les piqueniques.
Il eut donc l’idée géniale de diminuer la taille des ses propres boules (de Keurbing, vous risquez l’égarement là) afin que sa femme puisse pratiquer ce sport en intérieur.
Malheureusement il apparut très vite que la dame devint allergique aussi au granit, elle utilisa alors une des cannes de son mari, bricoleur certes mais légèrement boitillant.
Pour son épouse, joueuse mais maladroite, il ajouta des rebords sur les pourtours de la table afin qu’elle ne les envoie pas valser dans les bibelots de famille (non, non).
Et oui, elle était tout de même de constitution robuste la Kermartine car elle avait appris petite avec les boules de 20kg…
Un nouveau sport était né, le KËRLING.
Fou de joie, Corentin Kermoucheron se lança dans l’écriture du manuel de règles.

Il prit les mesures précises de la table, des boules, bricola une canne en renforçant le bout d’un morceau de cuir car sa femme jouait jour et nuit et le bruit du bois sur la pierre lui cassait les oreilles.
Et là, le drame.
Au moment où toutes les données techniques étaient enfin couchées sur le papier, qu’il avait de sa plus belle plume écrit le mot « règles » une crise cardiaque emporta le malheureux.
Je le sais car, revenons de l’histoire pour arriver à ce week end en Bretonnie Occidentale, son descendant, le docteur Nainbus Muscarion alias Minifly, m’a montré, la larme à l’œil le célèbre manuscrit.
Il possède d’ailleurs un des derniers exemplaires de table à piquenique qui trône dans le salon.
Dire que j’avais cru qu’il ne s’agissait que d’une vulgaire table de billard.
La honte me ronge encore à l’heure où j’écris…
Comment cela se joue alors me direz vous ?
Et bien c’est là que réside le charme séculaire de ce jeu, ça dépend…
Aujourd’hui cela se joue avec deux fois huit billes de couleur jaune et rouge et une toute petite bille qui fait office de cible.
Le but est proche de la pétanque historique, mettre le maximum de billes d’un camp au plus proche de la mini-bille surnommée Toutouille pour des raisons inconnues mais les historiens polémiquent beaucoup sur le sujet.

Le joueur du camp qui ouvre le jeu envoie Toutouille quelque part sur la table puis joue une de ses billes au plus près. L’autre équipe joue et essaye d’être plus près quitte à taper sur la bille adverse, tous les coups sont permis ou presque.
Si le joueur y parvient, c’est aux adversaires de jouer sinon il continue jusqu’à épuisement de ses propres billes.
Voici donc chères lectrices et chers lecteurs le sport auquel nous nous sommes adonnés avec ferveur chaque soir après le golf dont je vous conterai les origines véritables un jour prochain…
Je me dois de rester discret quand aux déroulements des trois manches tout de même mais je peux vous dire que cela fut épique.
Grâce à Minifly et à son ami, historien lui aussi, Superlent, nous avons pu apprécier le principe premier de ce jeu : les règles évolutives.
Oui l’attrait, que dis-je, la tradition veut que les règles soient expliquées au fur et à mesure qu’avance la partie et elles sont de plus proportionnelles au talent des adversaires.
Plus l’adversaire risque de gagner, plus les règles se compliquent et s’ajoutent.
C’est ce qui rend ce sport si « avenant » et je pèse mon mot…
Alors, si un jour, il vous arrivait de passer dans la belle ville de Quimper, précipitez vous à la maison du Kërling, place du granit et vous pourrez visiter le musée où toute cette belle histoire est racontée…
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4 Comments

  1. La règle n'est pas aussi simple qu'il y parait. Une formation sur plusieurs époques est nécessaire pour appréhender toutes les subtilités de ce jeu.
    Pour information, nos amis jouaient sur le premier niveau de difficultés et en éprouvaient suffisamment pour que nous en restions là…..La prochaine fois, niveau deux…..si tout va bien!

  2. Il est de mon devoir de rétablir quelques vérités historiques malmenées par ces propos très "parisiens". Tout d'abord, prétendre que nous aurions abandonné les boules de 20 kg pour des raisons de fatigue prématurée est très bas. Rappelons qu'au jour de ses 7 ans tout jeune breton occidental se doit, pour pouvoir porter un pantalon d'homme et abandonner la robe des enfants, d'avoir taillé un menhir à main nues, sans le moindre outil. Ce n'est donc pas 20 kg de granit qui l'effraierait. Si nous les avons abandonnées, c'est que nos épouses renâclaient à recoudre indéfiniment les poches de nos pantalons où nous les glissions par habitude (nous ne sommes pas très doués en tissage dans nos contrées).

    Il apparait d'autre part que notre visiteur devait être atteint de dyschromatopsie. Les boules sont rouges ou blanches, jamais jaunes. S'il a cru jouer trois soirs de suite avec des boules jaunes, vous comprendrez alors qu'il ait fallu lui réexpliquer les règles à de nombreuses reprises. D'où cette impression trompeuse de règles évolutives. Ou alors il avait mal digéré quelque chose. Il parait que ça arrive, certains estomacs délicats éduqués aux nourritures raffinées de la capitale supporteraient difficilement les breuvages toniques et revigorants de nos paroisses.

    Ces points rectifiés, vous conviendrez que ces amusements sont simples, honnêtes et bon enfant.

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