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SIX CROIX ! T’Y CROIS ?…

Deux jours après une compétition, on a le temps de ruminer, de se refaire le film des coups joués et de trouver à quel moment on a basculé du coté obscur.
Oui j’ai basculé…
Enfin, on pourrait même dire que je me suis même bien ramassé !
Allez, au parloir !
Dimanche matin, ciel un tantinet chargé qui lâchera quelques gouttes de temps en temps sur les 5h15 du parcours. Oui je sais ça fait long parfois…
Roderick est au rendez vous, frais, enjoué et plus documenté qu’un caddy pro.
Il a un calepin ou chaque page correspond à un trou avec le détail de la stratégie dessus plus les notes sur mes séquences de routine.
Pour mon premier parcours en compétition caddeyé, c’est le grand luxe !
J’ai fait mes balles d’entrainement, mon putting et mes approches, la mécanique roule, l’heure tourne, en avant pour le 1 de l’Albatros, départ jaune.
Deux partenaires de jeu, un garçon de 16 ans avec le même index que moi et un vieux de la vieille, invité par sa boite à venir faire du stroke play un dimanche matin.
Clairement là pour passer un bon moment, il nous le fera comprendre de façon truculente tout au long du parcours.
5h15 c’est parfois très très long…
Bon, Rod (je peux t’appeler Rod ?) on a prévu quoi au 1 ?
20°  mais le vent pousse alors H4.
Nickel, un PW à suivre qui tombe pile poil pas loin du mât, le putt est trop hésitant, je rentre le deuxième qui n’était plus qu’à 10cm, le par.
Rod (t’es sur ça ne te dérange pas ?) a des mots encourageants pendant les entre coups, il est aussi content que moi sinon plus sur les coups réussis.
Le duo fonctionne à merveille.
Sur le 2, par 3 je choisi le fer6, un peu gratté mais à peine, je suis 2m à gauche du green à hauteur du mât, je regarde si c’est approche ou putt, enfin pardon ON regarde si c’est approche ou putt et je décide pour le putter et Rod (non sérieux si ça t’embête dis le moi de suite) semble approuver et cela m’ajoute un bonus confiance.
La balle part bien, continue bien et finit bien…dans le trou ! Birdie !
Stratégie, routine, un caddy super motivé et motivant, ça déroule tranquillement et le score suit.
Que du bonheur.
Sur le 3, par5, ce sera le 20° plein fairway relax, le fer6 est topé mais rien de grave, fer9 qui touche le green mais déroule dans le rough derrière, wedge mal négocié, trop timide, ça se termine en bogey.
Rien de bien dramatique, direction le 4 et sortie du drive car le vent est bien présent.
Un brin de slice, pré rough sans gravité, fer7 timide qui termine en bas de la butte du green, un 60° très correct qui me rassure de celui manqué avant et le putt de 3m pour le par, manqué, un nouveau bogey.
+2 au 4, franchement tout va bien…
Au 5, vent de face, j’opte confiant pour le driver à nouveau.
La stratégie n’est plus respectée…
Est-ce à cause de cela que je referme trop vite les poignets, toujours est-il que ça se termine dans le grand bunker de gauche à 200 m du mât.
Hybride 20° relax pour revenir vers le green, approche un peu courte au 55°, deux putts pour le bogey.
Rod est là, j’ai l’impression à l’écouter que tout va bien alors tout va bien…
Je reprends ma stratégie au 6 avec le 20° mais le vent et le besoin de forcer m’obligent à jouer le fer6 en second coup car encore 145m vent de face, le coup est très propre mais le vent est le plus fort, ma balle est au bord du green, putt d’approche et putt pour retrouver un par.
Direction le dromadaire !
Bois3 un peu hooké.
Je décèle une légère appréhension au moment de jouer certains départs, il va falloir que je retravaille ma routine mentale pour jouer plus sereinement ce type de mise en jeu.
208m au mât, vent un peu de face, lie propre, je prends le 20° avec comme objectif de simplement me placer dans la zone « safe » devant le green.
Pif a bien compris, Paf est relax, le coup est parfait, je suis 2m devant le green, tout va bien.
Je décide de refaire le coup du 2 au putter mais je retiens mon coup, ça se termine en double bogey.
Beurk !
On attend pas mal au 8, vent de face.
J’en profite pour ennuyer Rod (sur sur ?) et connaitre mon score exact, oui dès que j’ai un peu de temps j’en profite pour me stresser le cerveau avec des chiffres…
J’ai l’habitude de le jouer au H4 voir au fer5 mais le vent me pousse à reprendre le 20° qui passe très bien depuis le début.
Est-ce que Pif n’était pas d’accord sans me le dire, je ne saurai dire mais toujours est-il que je fais un magnifique hook tendance satellite et je vois ma balle plonger allègrement dans le rough de gauche dans la pente.
Étrangement le rough a bien poussé ces derniers mois sur l’Albatros.
Parait que les greens keeper préparent une compétition importante début juillet…
Ça doit être pour ça que les drapeaux sont dans les coins aujourd’hui.
Pas un seul au milieu d’un green…
Bref, après deux tentatives de sortie de rough sur la balle provisoire qui est allée au même endroit (oui il faut savoir confirmer son swing) je relève la balle et décide en commun accord avec Rod (ah si t’as dit ok…) de passer à autre chose.
Le par5 du 9 par exemple.
Tient un hook presque identique…
La balle est jouable dans un rough pas assez haut encore, ils n’ont pas du arroser ici, tant mieux.
Nouveau 20° pour se replacer au centre du fairway contre le vent et fer6 à suivre.
Tiens encore un hook !
Bon rough, à gauche du green, hauteur du mât mais il y a une butte qui dérange.
Je me tranquillise, j’aime ce genre de coup avec mon 60°, je plante le mât, putt pour le par qui rentre, l’aller est terminé.
Une petite croix de rien du tout et +4 pour le reste, carrément zen !
Enfin je dis ça maintenant mais à ce moment là, je suis un peu perturbé par ces hook étranges…
Surtout qu’au départ du 10, le hook n’est vraiment pas conseillé !
Le 20° se transforme en draw quand même mais reste sur le fairway, 55° à suivre, mou, gratté, rough.
Non pas le rough !
Et si…
Et boum un triple bogey !
Bon…
Sur le 11, fer8 mais vent plus fort que prévu, je suis en bord de green et j’ai la chance de ne pas dévaler en contre bas, putt d’approche et putt pour le par.
Allez c’est reparti !
Mais non.
Très mauvais choix au 12, envie de refaire mon retard sans doute.
Alors que je serai plutôt en avance en plus…
Driver contre le vent, une confiance pas à son maximum.
Rod n’ose pas trop me proposer de revenir à la stratégie, je le comprends, j’ai été à sa place et ce n’est pas évident de trouver les mots pour convaincre le joueur qu’il ne fait sans doute pas le meilleur choix tactique.
Bref, une balle dans le rough de droite et une dans le rough de gauche, une tentative de sortie de rough, puis deux, puis croix, je relève…
Je reviens à la stratégie au 13, 20° et fer6 joué en stress, la balle tape un arbre et revient se poser dans un rough léger au bord de l’eau, wedge et deux putts, bogey là où j’ai deux coups rendus.
Ouf !
Sauf que dans ma tête je compte les points et ce n’est pas du tout une bonne idée…
Résultat au 14, je ressors le drive, la peur au ventre et de nouveau un hook suivi d’un slice pour la balle provisoire.
Tentative de sortie de rough sans conviction…Croix…
Aie…
Pour moi la carte est morte, Rod n’ose pas confirmer ni contredire, je démarre le 15 relax puisque j’y vais pour le fun !
Bois3 propre, le hook est presque plus là mais avec un bon vent de face c’est petit rough pas dangereux.
Je sens que je peux prendre le green facilement car il est profond, 145m pour l’entrée de green, fer5 ce coup ci, j’ai retenu la leçon du 6 et bingo ! Bogey quand même, trop pressé dans le putting…
Au 16, fer8 en main, je repasse au fer7 à cause du vent mais je rentre moins dans la balle, bunker de green. Bonne sortie et putt dans la foulée, le par qui fait toujours du bien.
Au 17 je déconne à nouveau, vent qui pousse, je veux lâcher un drive, ça se termine en croix bien entendu tout comme au 18…
Conclusion.
Quand on a une stratégie on la respecte !!!!
J’ai beaucoup de raisons de m’en vouloir car au final cela fera quand même 34 points net soit une zone tampon, avec 6 croix tout de même !
Une seule façon de corriger un meilleur respect d’une stratégie et d’une bonne routine : Retourner faire un maximum de compétitions et de parcours !
Rod, un grand grand merci pour ton dévouement et ton aide, sans ta présence, je suis convaincu que cela aurait été bien pire… Alors dès que tu as une compétition, je suis ton obligé avec grand plaisir !!
Ça va arpenter les fairways c’est moi qui vous le dis !
Va prendre sa claque l’index, perd rien pour attendre !
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9 Comments

  1. Effectivement, jtrouve que la phrase parfaite, c'est ça :
    "Certains trous sont faits pour l'approches putt, d'autres pour le GIR." (même si certains trous de l'albatros sont obligatoirement en configuration GIR, sinon c'est dans l'eau !)

    Même si tu dois partir avec l'objectif d'avoir le max de GIR sur tout le parcours, ton niveau, et la difficulté du parcours fait que cette phrase est le meilleur moyen de relativiser les bonnes et les mauvaises attaques de green!

    Ensuite, si je compare avec mon cas personnel, avant, je me disais qu'il fallait que je fasse approche putt tout le temps (jusque là, c'est logique..).
    Mais ça me semblait pas trop grave si je n'y arrivais pas!
    Mais j'ai vu des personnes jouer le même score que moi, en tapant 30m de moins que moi par club/coup.
    Et le constat était évident ! dès qu'il étaient a moins de 20m du green, ils se laissaient 80% du temps un putt de 2m ou moins. Alors que pour moi, je tournais dans les 40 à 50%.
    Du coup, j'ai beaucoup travaillé ça. Désormais, je m'en veux énormément sur le parcours quand je fais une approche moyenne (bref, j'ai augmenté mon niveau d'exigence) et depuis, soit je joue mieux que mon index quand le grand jeu est là, soit je suis dans ma zone tampon. Mais en tout cas, j'ai la sensation de scorer beaucoup plus qu'avant !

    Parce que jouer 36 points en ayant la sensation d'avoir taper que très peu de coups correctement, c'est bien !
    Et ca motive pour les fois d'après, quand on sera plus en amitié avec le grand jeu.

    Bref, pour résumer, j'ai trouvé que ton post parlait beaucoup des long coups réussis ou ratés, mais pas assez du nombre de fois ou tu fais approche-putt, ni du nombre de putt.
    J'ai pris l'habitude de compter mon nombre de putt en compet, c'est édifiant !

  2. Bon Rod (chic je peux!) te voici promu au rang de coach-caddy !
    Effectivement, sans jouer les Domenech du golf, après avoir regardé le tableau de classement sur le site de la FFG je m'en suis mordu les doigts de mes erreurs tactiques pour les mises en jeu car même avec double bogey sur les 5 trous ratés du retour, la descente était plus qu'assurée…
    Mais bon, la prochaine fois que l'on fait équipe, on lui jette un sort à l'index!

  3. Pas de soucis, tu peux dire "Rod" 😉

    L'ensemble des commentaires ont raison.
    Ben : "C'est au caddy de te raisonner et de te dire, tu joues F5 plutot que Driver" Prochaine fois, je n'hesiterais pas.
    Dominique : Jouer relax, sans compter. Le caddy est là pour compter et sentir tes sensations. On a joué 1 fois ensemble y'a 1 an, donc j'ai du mal à sentir tes doutes, mais ca viendra.
    Pierre : approche-putt, je rejoins completement cette strategie. Elle me reussit depuis plusieurs mois.

    Je pense que ce parcours analysé profedemment, te permettra de le rejouer en mettant en place une strategie plus posé, avec un objectif de jouer des approches-putts.

    Et de comparer les sensations.

    Certains trous sont faits pour l'approches putt, d'autres pour le GIR.

    Vu qu'il y avait pas mal de monde à cette compet, j'aime regarder d'autres stats (maintenant que les scores sont en ligne).
    => 4eme/32 en Brut en 2eme série
    => 16eme/63 en Brut, toute serie confondue
    => 6eme/32 en Net en 2eme Serie
    => 10eme/63 en Net toute série confondue
    !!! Alors que tu es le seul à sortir + de 4 croix !!!
    Donc le potentiel est enorme !

    Prochaine compet : tu poses le jeu, tu te fais plaisir. Si tu as "peur" de taper un long club, tu sors un fer avec lequel tu es à l'aise, direction le fairway, et au prochain coup tu seras sur le green à 2m maxi du trou.

    De mon coté, l'experience d'etre caddy est énorme, je suis sûr que cela va me servir dans mon jeu. On voit plein de choses de l'exterieur.
    Et c'est une autre facon de jouer une partie. Car dans ma tête (et dans mon corps), j'ai joué tous les coups que tu as tapé.

  4. mais ton avis est le bon, c'est à moins de 100m que tout se joue et j'avoue ne pas l'avoir eu assez présent à l'esprit mais les erreurs sont là pour être corrigées 😉

  5. Première fois que je viens sur ton blog.
    Après la lecture de ton post, suffisament précis pour se faire un avis, je me permets cette remarque :
    apriori, tu penses beaucoup trop grand jeu, toucher les fairways, toucher les greens. Et pas assez : approche-putt.
    Certes, c'est rageant d'envoyer un hook "inconnu", mais ce qui fait scorer, c'est le petit jeu…
    Ca parait évident, mais il faut avoir ça tout le temps en tête !
    Ca ne reste que mon avis 🙂

  6. Pour Dominique: Certes Dominique certes mais comparaison n'est pas raison;) Après bientôt deux ans de golf, nous n'avons ni le même niveau ni même la même expérience de jeu. Certaines choses te paraissent évidentes et moi je les découvre petit à petit 😉

  7. Pour Ben: Oui ça commençait très fort et un petit coup de stress a cassé la machine 😉
    Bon il faut dire que je subis encore pas mal de stress en dehors du golf et j'ai parfois du mal à conserver une bonne attitude face à certaines erreurs sur le parcours mais ça vient, moins vite que prévu mais ça vient 🙂
    Pour Saint Germain j'ai hâte d'obéir au maître des lieux! 😉

  8. Dommage effectivement toutes ces croix. Mais en te relisant, je m dis que tu te prends vraiment trop le chou avec le golf, tu es un amateur et pas un pro, essaye d'y prendre du plaisir au lieu de penser à chaque fois à scorer. Lis mon résumé de ma dernière compet, en jouant sans préparation et sans tension, j'ai joué du feu de dieu et me suis qualifié pour la finale nationale du BMW Golf Trophy.
    J'ai compris une chose au golf : laisse tes neurones au vestiaire, joue pour le plaisir tes 18 trous.
    Ce soir je fais un match play à Charmeil, je vais y aller dare-dare en sortant du boulot, sautant dans mes pompes de golf en sortant de la voiture et enquiller le 1 avec encore une partie du cerveau au boulot. C'est pas pour autant que je vais mal jouer.
    Mais c'est vrai que la place de caddy n'est pas aisée.
    Bon courage et te décourage pas, ça va venir, mais que quand tu seras relax.
    A++

  9. Hello,

    Et oui, la place de caddy n'est pas toujours facile, car on est beaucoup plus lucide que le joueur…

    Mais difficile de lui dire "Non tu vas pas jouer le driver, mais un fer 5" car on se dit que si on le brusque il va forcément rater un coup !

    De plus le vent fausse la stratégie donc dans ta tête tu te dis que c'est la stratégie de départ mais juste modifiée à cause du vent, au final tu sort la masse à tous les départs !

    C'est vraiment dommage pour les croix car après par-birdie-bogey sur les 3 premiers ça commençait très fort !

    Bon courage pour la suite, à st germain c'est moi qui décide ce que tu joues 😉

Ne jamais hésiter à commenter :)