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SOMMET INTERNATIONAL À VILLENNES…

Si j’avais su en arrivant à Villennes samedi matin que la petite compétition d’index à laquelle je m’étais inscrit allait devenir une rencontre opposant la Ghana au Mexique ainsi qu’à l’Allemagne et sur 30 trous en plus…
…Et bien j’y serai allé quand même…
Ça ne se rate pas un truc pareil !
À 8h pourtant tout était calme et franco-français.
Je fais ma séance d’entrainement comme prévu, beaucoup de petit jeu, du putting, de la recherche de bonnes sensations dans les pleins coups.
Il est 9h30, je me dirige vers le tee de départ pour faire la connaissance de mes partenaires du jour.
Olivier et Serge, deux amis respectivement 15.7 et 15.3 d’index, connaissant bien le parcours et jouant visiblement ensemble.
On s’est peut être déjà croisés, aujourd’hui nous allons donc pouvoir faire connaissance.
Cela ne fait pas deux minutes que nous nous sommes échangés les cartes que je sens que la journée sera placée sous le signe de la détente la plus totale.
Je ne sais pas si cela vous est déjà arrivé, vous êtes sur le tee de départ avec des gens que vous ne connaissez absolument pas mais vous sentez que dans pas longtemps vous allez très bien vous entendre.
Bon allez c’est pas tout ça mais il est 9h40 et j’ai un parcours à jouer en mode agressif contrôlé moi !
Au 1 : bois3 légèrement à droite, manque d’engagement, fer8 dans le bunker de green de droite, sortie au 60° aux petits oignons putt d’un petit mètre, par.
Là c’est sur l’ambiance va être au poil. Les deux compères se chambrent gentiment, visiblement des amis de longue date, je me mêle à l’ambiance et cela semble accepté avec le sourire.
À la fin du 1, le ton est donné, tout le monde veut bien jouer mais de préférence en rigolant.
Moi ça me va très bien.
L’ambiance c’est Serge qui la met, un subtil mélange de commentateur sportif un tantinet déjanté et de figurant de « La vérité si je mens ».
Ça me va parfaitement, étant issu de Constantine d’un coté et de Cologne de l’autre, j’ai appris à jouer sérieusement et au second degré.
Imaginez deux minutes que ce soit Nelson Monfort qui remplace Anconina dans le célèbre film décrit plus avant.
Vous visualisez bien ?
Et bah voila.
En deux minutes Serge était un joueur émérite arrivant du Ghana, Olivier était un jeune mexicain survolté et j’étais donc l’allemand du jour.
Tout ça en plein shabbat bien sur…
Et bien c’est assez efficace pour rester serein entre deux trous, on pense assez facilement à autre chose.
Et comme les deux compères sont très respectueux de l’étiquette, quand arrive le moment de jouer, on peut se mettre dans sa bulle sans risquer d’être dérangé.
Puisqu’on en parle.
Au 2 : bois3 nickel, fer9 mou, 20° du buisson à droite du green, deux putts. Bogey idiot mais bogey quand même.
Seule ombre au tableau, notre ami mexicain n’est vraiment pas au mieux et s’emporte vite.
Je comprends parfaitement ce genre de réaction, j’étais aux « Excités Anonymes », il n’y a pas si longtemps, je prie chaque matin pour ne pas faire une rechute.
N’empêche que je sais à quel point cette attitude est improductive mais comme dit le sage :
« L’expérience est une bougie qui n’éclaire que celui qui la porte »
Pas grand chose à faire sinon espérer que cela aille mieux pour lui sur le parcours.
À l’inverse, notre ami ghanéen semble très bien s’amuser, ce second trou sera pour lui l’occasion de jouer de pleins d’endroits originaux mais cela n’a pas prise sur lui et il garde son humeur décalée et son humour, décalé lui aussi.
Au 3 : par3. Fer6 sur le green mais à gauche, le drapeau est à droite bien sur, quelqu’un a du le bouger subrepticement au dernier moment puisque nous sommes tous les trois à gauche.
On ne peut pas faire trois fois la même erreur quand même.
3 putts pourtant pour un nouveau bogey un peu bête quand même à cause d’un manque de concentration sur le putt de retour et d’un premier putt de plus de 15m mal négocié.
Au4 : par5. Driver en draw qui finit dans le bunker de gauche, sortie au 20° en douceur, le SW pour le green, deux putts. Une erreur, une décision sage ensuite et le par est assuré.
L’aller se passe dans cet état d’esprit, les erreurs sont corrigées, je ne cherche pas à récupérer au coup suivant ce que j’ai perdu au précédent, résultat, je suis +5 sur l’aller sans avoir l’impression de jouer à mon meilleur niveau, je suis juste calme et je ne prends pas de mauvaises décisions stratégiques.
Notre ami ghanéen s’amuse beaucoup, notre compère mexicain souffre beaucoup, il n’arrive pas à trouver quelque chose de positif dans son jeu, on essaye de lui redonner le sourire mais cela semble très difficile.
J’avoue que cela me dérange un peu parfois mais je ne peux vraiment pas lui en vouloir, je sais à quel point il est difficile de se maîtriser quand on est très exigeant avec soi-même.
En avant pour le retour.
Au 10 : par3. Fer7 bien relâché, il reste un putt de 2-3m, ça rentre, birdie, me voila à +4. Un tantinet sur un nuage l’allemand.
Au 11 je fais 3 putts histoire de me calmer et au 12 je fais un bon gros hook au départ mais je sauve le bogey.
+6 au départ du 13, je me dis que même si je ne fais que des bogey sur le dernier tiers je finirais quand même avec un score honorable.
Je suis donc assez relax.
Sauf que.
Allez savoir pourquoi puisque depuis le début de la ballade dans cette rencontre inter continentale, le chambrage bat son plein mais l’étiquette est respectée.
Sauf que, au 13, trou qui me réussissait à mes débuts (oui bon je sais, j’ai pas trente ans de carrière non plus) mais qui est de pire en pire au fur et à mesure que mon jeu s’améliore, au 13 donc petit grain de sable dans l’engrenage.
Légère tension interne, petite alarme de Paf, je change de club pour le bois3, mon ami ghanéen fait une petit blague sur la perte de temps que cela provoque, un chambrage comme on en fait tous depuis le début du parcours, mais Pif le prend au mot et je me lance sans respecter la routine.
Bingo, slice, arbre, youpi…
En un trou, je me retrouve à nouveau chez les E.A, je fais une croix magnifique sur un par4 de 275m qui peut se démarrer au fer4.
Mauvaise décision sur le 14 ensuite, je veux le green absolument au second coup, ça se termine par deux sorties de bunker très moyennes. Double bogey.
Bunker aussi au par3 du 15 mais je maîtrise les dégâts, bogey.
Driver au 16, dédicace mon cher Rod… Par.
Et que fais-je au 17 ?
La décision la plus intelligente du jour je crois.
Drive très correct sur le fairway. Impossible de toucher le green en deux sur ce gros par5 de 500m en montée. Je sors le bois3 quand même. Celui là même qui m’a aidé à faire une croix au 13 avec un slice dans les arbres.
Je slice donc dans les arbres et cela se termine par une nouvelle croix.
Enfin, par chance je ne ferais que bogey au 18.
Encore une zone tampon qui marque mon apprentissage et mon manque cruel de compétitions pour cette année.
Et oui, l’expérience c’est le seul truc que je ne peux pas apprendre en une journée en formation accélérée, je dois donc apprendre la patience et surtout apprendre à avoir de plus en plus de saines et lucides réactions après un mauvais coup.
C’est ce que l’on constate avec le temps quand on regarde les grands joueurs à la télé.
Ils sont bons car ils savent prendre de bonnes décisions coup après coup car comme l’a dit un grand joueur :
 « Dans une bonne partie on fait 5 bons coups au maximum, cinq fois la balle va vraiment où on a voulu l’envoyer, le reste du temps on gère les aléas »
Bon leurs aléas à eux ce sont nos meilleurs coups à nous…
Bref, encore une compétition riche d’enseignements mais aussi une belle partie de rigolade avec Nelson Mauriiice Monfort et son acolyte mexicain.
Direction le verre de l’amitié, voir l’encas de l’amitié. Pas faim sur le coup et je vais le regretter car au moment du café, Jean Amédée Benguigui nous propose de retourner sur le parcours vérifier si on peut le refaire en rigolant encore un peu plus.
Je propose une chouette et c’est reparti pour juste l’aller puis finalement les douze premiers trous, histoire de se rapprocher du clubhouse pour un autre verre de l’amitié.
Je conserve ma routine mais je joue plus « agressif » comme prendre le driver au départ du 1 par exemple.
Sur ce deuxième passage, je frôle d’un centimètre mon premier eagle puisque sur le 4, premier par5, bon driver qui termine 30/40m derrière le bunker de gauche, 20° en second coup, il reste une approche moyenne que je fais avec mon GW, bon spin, la balle freine bien, roule tout doucement vers le trou et stoppe au bord mais ne tombe pas.
Private joke :
Mon cher Superlent, celui là, il est pour toi
Au 7 je suis dans le par global avec 5 par, un birdie et un bogey.
Jeu solide et régulier, de meilleures décisions stratégiques, que du bon pour la prochaine compétition.
Je gagne la chouette dans un suspens terrible et hilarant jusqu’au dernier trou.
On retourne au clubhouse pour fêter ça, une bonne journée de golf de 10h…
Bilan de la journée, du golf de bon niveau, des rires de bon goût, de nouveaux compagnons de jeu et une routine qui se construit de façon bien plus efficace.
J’ai pris conscience que je dois être patient, la descente va arriver, l’index à un chiffre aussi mais je dois encore prendre de la « bouteille » et augmenter la fréquence des parcours…
J’ai aussi bien pris le temps de poser et finaliser ma réflexion sur mes futurs clubs.
Un mélange entre humilité et affectif…
Mais j’en parlerai plus tard car si je n’ai pu faire autant de parcours que je voulais depuis le début de l’année, vous imaginez bien que je ne vais pas pouvoir avoir cette nouvelle série de suite…
Patience, patience…
La vérité, c’était une bonne journée !
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2 Comments

  1. Pour aller dans ton sens car ton intervention n'est pas dénuée de bon sens bien au contraire, je n'ai pas beaucoup déjeuné ce matin là et c'est vrai que j'ai ressenti une baisse de régime physique durant le dernier tiers….

  2. Je veux pas faire le rabat-joie (surtout vu comment j'ai joué dimanche par rapport à samedi!) et ça n'a peut-être aucun rapport, mais le manque de lucidité est venu sur la fin du parcours. Et arriver à 8h pour un départ à 9h40, ca me semble beaucoup. Sans forcément même taper des balles ou faire du putting, mais tu penses surement à ton jeu, et ca entamme la concentration. C'est à essayer je pense 🙂
    Allez, courage, ca va le faire!! (c'est marrant, mais ta situation me ressemble beaucoup..!)

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