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CARNOUSTIE… SAINT ANDREWS…KINGSBARNS… (2/5)


Épisode 2 : SAINT ANDREWS, LE NEW COURSE …

Dimanche, 18h, dans le minibus, sous la pluie, avec un chauffeur écossais qui roule tambour battant vers Saint Andrews, à peine moins vite que celui qui nous a conduit de l’aéroport à Carnoustie.
La lutte contre le jeu lent est un souci national aussi bien sur les golfs que sur la route.
Nous arrivons au Rusacks Hôtel.
Là, tout près il y a Le Fairway de légende…

Le temps de la douche, de se changer tranquillement et nous partons en ville chercher un restaurant, vivre ses rêves ça creuse quand même. En plus nous avons rendez vous après dîner avec un quatuor d’éminents membres Tech’s, arrivé 4 jours avant.

Détail important à l’usage du touriste français, en Écosse, il est préférable de venir tôt pour dîner. Nous avions programmé 20h dans un Pub traditionnel, après 8 refus parce que trop tard, nous avons échoué dans un resto qui propose des sauces piquantes et des épices brûlantes accessoirement garnies de poulet. Pour le coup, on n’avait pas prévu que le jeu lent concernait aussi les repas… Si vous avez des amis espagnols, prévenez les de suite parce qu’ils risquent d’être malheureux !

 Direction le Pub version digestif, là pas de souci, tout est ouvert, nous pouvons retrouver nos amis français pour partager nos impressions.

Ça pour partager, on a partagé ! Chacun d’entres nous, submergé par les émotions de cette première fois ressortait moult détails, nombres d’anecdotes, contait ses coups d’exception et bien sur ses ratés mémorables.

Ils repartaient le lendemain, nous commencions à peine, notre envie redoublée si c’est encore possible par le récit de leurs aventures.
Retour aux chambres, je partage la mienne avec Sébastien le gaucher pas de Caen, on va dire Sebastien le reporter. Oui Sébastien, outre son enthousiasme, ne peut pas garder uniquement pour lui ses émotions, ses aventures, il partage presqu’en temps réel avec ses amis. Sur sa page du grand site bleu, il poste ses impressions, ses albums photos, décrit le périple au fur et à mesure et visiblement cela fait envie de montrer ce que l’on vit.

Trêve de verbiage, vous n’êtes pas là pour lire ce que l’on a mangé ni pour savoir si le mojito écossais vaut celui de Mulhouse (je trouve que l’on parle peu de Mulhouse vous ne trouvez pas ?).
Courbons l’espace temps comme dirait Grichka, on est lundi matin, le jour se lève sur Saint andrews.

En Écosse il pleut en effet un tiers de la journée… pendant la nuit. Oui l’office de tourisme ment à la terre entière pour éviter de surcharger les départs parce que ce matin là voilà ce qui nous attendait…
 

Nous allons rester trois jours et jouer 3 des 7 parcours de Saint Andrews, aujourd’hui c’est le New Course.

Dans mon groupe aujourd’hui les deux Sébastien et Paul. Sébastien de Caen, heureux de son premier Matchplay gagné à Carnoustie voulait pimenter cette fois dans la version, les deux gauchers contre qui voulait en 4BMB classique, fini les fioritures des formules alambiquées, en brut mais des jaunes, toujours pas le droit de jouer de plus loin.

Moins de vent aujourd’hui mais du vent quand même, un ciel de côte d’Azur, tant pis, on fera avec, le haut de pluie comme coupe-vent,  le parapluie au cas où, qui sait, avec un peu d’espoir…
Dominique a géré nos départs pour la semaine de façon magistrale, entre 10h40 et 11h chaque jour c’est tee n°1. Le temps de prendre un bon gros petit déjeuner à l’écossaise et arriver avec la pêche au départ. On a repéré le seul et unique practice de Saint Andrews à 500m du départ du New Course, on ira demain.
Pour le moment c’est test sur le premier links des terres mythiques.

Le New Course est un par71 qui longe pour l’aller, l’aller de l’Old Course puis revient ensuite en longeant le Jubilee Course, autant dire que l’on est clairement au sein des terres de la station de ski.
Oui Saint Andrews est comme une station de ski, 7 pistes plus ou moins compliquées, une petite piste pour les enfants au doux nom d’Himalaya et tout autour, des gens en tenue spéciale qui se promènent avec un gros matériel porté.

Seules différences, il n’y a pas de remonte pente, on commence tous en bas de la piste et on la remonte, de plus le forfait n’est pas illimité et on n’a droit qu’à une piste par jour.
L’avantage principal c’est que la réverbération des fairways n’abime pas la peau…

Certains par4 sont assez courts comme le 1, mais la longueur d’un trou ici n’est pas déterminée par les indications sur la carte de score mais par rapport au sens et à la vitesse du vent. Celles et ceux d’entre vous qui connaissent les résultats du British Open sur le Old Course savent qu’un joueur Pro peut faire -8 sans vent voire mieux et +8 avec le vent voire pire…
Aujourd’hui c’est un jour à démarrer le 1 au fer4 pour moi. Suivi d’un petit coup de PW tenu qui cette fois ci s’arrête enfin car les greens de Saint Andrews sont plus doux que ceux de Carnoustie mais pas moins roulants… 3 putts.

Une personne étrangère au golf  trouverait sans doute les photos de links d’un ennui terrible, des vues de plat pays avec quelques bosses et quelques tas de sable éparpillés sans logique apparente baigné dans un ciel gris, bleu, nuageux ou pas, parfois les herbes penchées laissent imaginer la présence de vent.
Mais bon, c’est plat, c’est tout le temps plat et sans rebondissement aucun, pire qu’un épisode pilote de Derrick un soir de novembre.

Par contre quand un golfeur voit l’image au dessus qui représente la retombée du drive du par5 du n°3, il imagine les stratégies de jeu, comprend que le green est mieux protégé qu’un numéro de carte bleue sur internet et que les bunkers devant seront ravis de le recevoir si jamais il tentait l’attaque en deux de 210yards entrée de green avec un vent de travers…
Mais même à 95yards en troisième coup, joué plein centre du fairway, j’ai dû m’aligner sur le bunker de gauche.

C’est comme ça, au début, que chacun des trous s’est réalisé. En premier lieu, on regarde le carnet de parcours très bien détaillé et on décide assez vite quoi faire puis (là c’est le second lieu) une fois que l’on a constaté les influences combinées d’un parcours très roulant et d’un vent très présent, le second coup ne se décide qu’après une vraie réflexion sur la trajectoire, le club, le swing et le lie parce qu’il y a des bosses et des pentes partout.

Pour le premier parcours. C’est ce que va nous offrir le New Course, un test sévère de stratégie golf.
Et encore, le vent n’est pas fort aujourd’hui, 35 à 40km/h dans ses pointes, « a gentle brise » comme ils disent là bas…
Alors on commence doucement à mettre en place la stratégie dès le départ. Sébastien de Caen sortira de plus en plus souvent son fer3, on placera le tee pour le drive de plus en plus bas, on jouera les par3 de plus de 150yards avec une retombée bien avant le green sous le vent ou en cas de vent de travers.
Comme pour le superbe n°9, un par3 de 225yards qui longe la côte, dont on voit une butte puis juste une moitié de drapeau derrière. Alors on se dit qu’il faut y aller fort…. Mais non….

Dominique depuis plus de 10 ans qu’il joue ici a même appris à jouer son driver sur le fairway.
Ce « petit » links dont un quart des par4 dépasse les 400yards n’est en rien une promenade de santé.
Même s’il est baigné par le soleil aujourd’hui, la pluie de la nuit n’a en rien ralenti la roule des fairways qui nous entraine diaboliquement vers de minuscules bunkers, ni la roule des greens qui, bien que doux, ont des pentes très dangereuses. En bref, rien n’est simple à gérer.

Et on en est ravis…
Ce n’est pas le masochisme qui nous anime dans cette joie, c’est le goût du défi constamment présent qui rend un links si passionnant à jouer.
Si on ne finit pas trop tard, je vais voir si je trouve le consulat afin de connaître les démarches pour obtenir la nationalité écossaise, il est hors de question que je rentre !
Surtout quand on sait qu’un étudiant à Saint Andrews, pour 200£ par an peut jouer les 7 parcours toute l’année…
Le droit maritime et la paléontologie, ça doit être bien ça à étudier…
Puis ça doit être long surtout…

Bon revenons à nos moutons, enfin non à leurs puisque voila, l’air de rien je cause je cause mais on joue vite et la fin est proche. +4 à l’aller avec 5 pars, la réflexion porte ses fruits, +8 au retour avec un birdie et une balle perdue, il ne faut jamais penser que l’on a tout compris d’un coup…
Pour la petite histoire, le Matchplay se gagnera au 18, sur le dernier putt. Paul profite pleinement de son cadeau avec un jeu solide et une confiance sur le green digne d’un régional de l’étape.
Il est déjà étudiant, il remplit la moitié des conditions …

Et tous nous profitons de la chance d’être simplement ici, avec ses conditions merveilleuses, à jouer au mieux de nos 14 instruments pour ne pas faire de fausse note sur la partition infinie que nous offre un links en Écosse…
Ok, bon, allez fin de la poésie et retour sur terre, y’a shopping, on a repéré un magasin de golf grand comme un supermarché de centre-ville…
Coup de maître en prime, Dominique a réussi à trouver un restaurant qui a accepté une réservation à 21h…

Alors nous rentrons, en traversant Le Fairway de légende…
Note pour le repas du soir, revoir son anglais et ne pas confondre un burger avec un steak de 6oz avec un 6 burger qui lui est un burger avec 6 steaks…
Au lit y’a digestion !

Et demain c’est le Jubilee que l’on va jouer…
À suivre…

les albums photos:

ALBUM SEBASTIEN
ALBUM BLOG

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7 Comments

  1. C'est le principe général qui est enthousiasmant et qui occasionne des coulures de baves aux commissures des lèvres.

    Carré

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