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CARNOUSTIE… SAINT ANDREWS…KINGSBARNS… (3/5)


Épisode 3 : SAINT ANDREWS, LE JUBILEE COURSE …

Nous voici aujourd’hui dans les terres du milieu, du milieu du séjour. Ce matin c’est le Jubilee que nous allons découvrir mais avant c’est practice. Troisième jour de golf sans un seau de balles à vider, cela commençait à me manquer.

Sur le plan de Saint Andrews, dans l’article précédent, il y a une aire assez grande en bas à gauche, il faut remonter le chemin qui longe le New course et le Old Course, on coupe le Old au niveau du trou n°4, prière de mettre les patins, et hop on y est !
L’intérieur du Clubhouse du practice qui est le centre d’entrainement est « so british », le distributeur de balles est au chaud à l’intérieur et il est garni de moquette pour atténuer le bruit…
Dehors, un seul tapis mais sur toute la longueur reproduit bien les réactions du fairway, on peut même y planter les tees.
Avec Sébastien de Caen, Paul, Sébastien le reporter et Dominique, on se retrouve là bas pour une petite heure. Sébastien en profite pour une initiation rapide à l’AT (Action Type) avec Dominique et visiblement cela l’intéresse assez.
Un petit concours d’approche wedge pour finir et nous partons vers le départ du Jubilee qui est au même niveau que celui du New. 
En longeant à nouveau le parcours de Légende que l’on regarde avec gourmandise, c’est demain que l’on aura le droit de mettre la main dans le pot de confiture…
Il fait encore beau, même plus de parapluie dans le sac ni même de haut de pluie, oui je sais, il y a de quoi désespérer, par contre le pull coupe-vent oui parce qu’aujourd’hui ça souffle bien !
Dominique ne jouera pas, il fait une pause car il veut être au top pour l’Old Course demain. Une partie de 3 avec Alain et Paul, ensuite suivront  Duc, Bertrand et les deux Seb.
Quelle sera la formule de leur Matchplay, mystère, mais je suis sur qu’il va y en avoir un.
Il est 11h, en avant !
Le Jubilee est un par 72, un peu plus long que le New et esthétiquement mieux réussi si je peux me permettre un jugement de valeur. Je ne dis pas qu’il y en a un moche et un beau mais qu’il y en a un beau et un très beau. L’aller va longer le retour du New et ensuite nous serons au plus près de la mer pour le retour.
Dominique est là pour notre départ, je vais suivre son indication de jouer à droite, j’y vais même un peu trop, j’ai une petite colline qui gène un peu, je réussis une belle socquette, il en fallait une au moins pendant le séjour c’est fait, qui va droit sur le départ suivant, une approche timide, une autre, deux putts et hop un double !
Heureusement, bon départ ensuite sur le par4 de 352yards, GW en second coup, un top, il en fallait trois durant le séjour c’est mon deuxième on va y arriver, on ne retrouve pas la balle qui a juste roulé derrière le green mais le rough est haut, ce sera un double encore !
Ça commence bien aujourd’hui…
Je m’en fiche un peu pour ne pas dire totalement parce que voila, on est sous un ciel parfait, soumis à un vrai vent écossais cette fois ci à plus de 50kmh et constant, je suis là pour apprendre avant le grand jour de l’Old Course et ce terrain d’entrainement est, pour le moment, le plus beau links que je n’ai jamais joué dans ma vie.
Alors franchement, ce ne sont pas deux doubles qui vont me gâcher la journée…
Sur le premier par3 peu de temps après, c’est Paul qui va perdre sa balle alors que je l’ai vue tomber dans le petit rough à gauche du green. Le vent nous oblige à de gros décalages latéraux niveau trajectoire, à des choix de club tout aussi décalés, jusque 4 clubs parfois de plus ou de moins.
Et prendre 4 clubs de plus quand on a déjà le driver en main, cela modifie grandement les velléités de prendre un green en régulation…
Aujourd’hui, je ne jouerai pas mon niveau. Aujourd’hui je vais apprendre, pour ne pas dire prendre une leçon par un professeur silencieux mais néanmoins omniprésent et un autre moins silencieux mais tout aussi sévère, le parcours et le vent. Le vent sera toujours là, dans un sens général nord sud et la disposition du parcours fait qu’on ne peut s’habituer à quoi que ce soit. On peut prendre un fer6 pour faire 125yards et le trou suivant prendre le fer4 pour la même distance. On s’aligne à 5yards à gauche à 100yards du mât et la fois suivante… on slice !
Vent variable et fort, dessin de parcours perfide, jeu irrégulier, tous les ingrédients sont réunis pour… profiter du soleil.

Juste avant de partir en Écosse, l’avant-veille, j’ai reçu mon nouveau driver issu d’un double fitting avec Mister Q et John. Un Ping I20 monté sur un NVRIP stiff qui a divisé par deux le spin de la balle par rapport à mon vieux et fidèle MX700. Je l’ai emporté avec moi pour travailler avec sur le parcours et le practice.
Sauf qu’au final nous avons fait très peu de practice et beaucoup de parcours. Bien que je ne sois pas encore habitué à le jouer, il m’aide grandement à garder la balle basse sur les mises en jeu, pas forcément bien droite mais basse.
Heureusement par contre que pour le green j’ai un club de confiance car le putting sur les links de Saint Andrews est un vrai défi. J’avais déjà écrit il y a longtemps que le green est un par2 sur lequel on peut réussir un birdie, ici j’aurai tendance à dire que ce sont des par3…
Et ici, un putt trop long ne s’arrête pas sur le fringe, il va jusqu’au fairway, voir jusqu’au bunker…

Un links tel qu’on le joue ici, qu’il soit visuellement esthétique ou brut de décoffrage nous aide à comprendre les points essentiels à travailler au golf. Je ne vous cache pas que d’un point de vue pédagogique, c’est plutôt ancien régime la méthode !
On paye cash mais ça paye …
Première chose indispensable pour ne pas se prendre trop de coups de règle sur les doigts, garder son calme, accepter l’erreur et l’imperfection. Accepter aussi une certaine forme « d’injustice ». Injustice car les fairways et les greens sont garnis de pentes très aléatoires d’une part et de bunkers très bien placés par rapport à ces mêmes pentes d’autre part. Ajouter un vent lui aussi aléatoire et vous aurez des trajectoires de balle et une roule… Oui, aléatoires aussi vous avez bien compris…

Donc calme et sérénité plus bonnet sur les oreilles parce que cela continue à souffler et même si on a un ciel de côte d’Azur, on n’en a pas la température.
Paul arrive visiblement à conserver un bon état d’esprit, surtout depuis qu’il a décidé de ne plus compter ses coups sur la carte, stressé par le score, il ne libérait pas son potentiel.  Alain, c’est autre chose, je pense qu’il a besoin de stress parce qu’il s’en met tout le temps !  Je crois que c’est le seul que j’ai vu se flageller d’insatisfaction après un putt monstrueux de plus de 30m (oui sur les greens on cause en mètres) avec des pentes dans tous les sens parce qu’il n’est pas rentré mais a fini donné. Il est très exigeant avec lui-même et se pardonne peu les erreurs, je ne sais pas si cela l’aide à progresser mais je me souviens bien qu’à mes débuts j’étais comme ça et que cela finissait invariablement par détruire ma partie et ma carte.

Et pendant ce temps il fait toujours beau, j’ai fait mon birdie du jour, j’ai appris beaucoup comme par exemple qu’un bunker de green peut être à 50yards d’un drapeau, que je peux faire une sortie de bunker après un put ou que je peux pitcher sur un green à 220yards avec un fer4.
Et la fin du parcours arrive, comme depuis Carnoustie, notre rythme de jeu est très rapide quand bien même on prend le temps de faire des photos et de chercher quelques balles voir d’en trouver.
J’en ai trouvé une en arrivant sur le par3 du 17, dans le contrebas d’un rough pentu, un NXT Tour avec un point rouge et un point bleu. C’était celle que j’avais perdue au 2…

Le score du jour, parce que je note toujours mon score et mon nombre de putts de façon mécanique désormais, sera moyen, +18 et 33 putts avec quand même trois triples bogeys, l’éducation Ancien Régime ça abime un peu le score…
Si l’on apprend, c’est que logiquement on ne maîtrise pas, d’où l’intérêt de savoir accepter.
Il est tôt, on a le temps de retourner faire les touristes en ville et découvrir les nouvelles tendances niveau matériel.

Je ne résiste pas à vous présenter ce nouveau type de putter qui j’en suis sur sera présent sur tous les tours professionnels sous peu !

600£ quand même le putter…

Et bien entendu, comme hier, en rentrant à l’hôtel, nous traversons le fairway du 18 et du 1 de l’Old Course, un groupe attaque le dernier green, on regarde, on photographie discrètement.

Demain ce sera à notre tour de fouler l’Histoire du Golf…
L’émotion monte d’un cran…
À suivre.

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