CARNOUSTIE… SAINT ANDREWS…KINGSBARNS… FINAL

ÉPISODE 5: KINGSBARNS…

 

Il est 7h du matin ce jeudi 31 octobre, en tenue de golf, sur le trottoir, l’hôtel derrière nous, en face un taxi « camionnette » vraisemblablement trop petit. 

Ce soir nous prenons l’avion pour retourner en France.

Mais avant c’est mission Tetris dans le taxi avec les 8 joueurs, les 8 sacs de golf, les 8 valises, légèrement plus volumineuses qu’à l’aller pour cause de faible résistance au shopping.
Faut que tout rentre, et vite, à 8h40 c’est tee n°1 à Kingsbarns…
On n’allait pas partir comme ça. Il fallait un final en apothéose…
Vous avez déjà feuilleté ces beaux et gros livres de photos avec un titre du genre,  « les 100 plus beaux golfs du monde » ?
Et bien Kingsbarns est toujours dans ce genre de livre…
Autant l’Old Course, nous voulions jouer pour le symbole, les siècles et la légende, autant Kingsbarns (qui a lui aussi largement dépassé les deux siècles d’existence), nous voulions le jouer pour sa beauté réputée à couper le souffle.
Et bien on a tous fini asthmatiques en apnée.
Rien qu’à l’arrivée, voici ce qui vous attend :
Le gars qui a écrit « Voir Venise et mourir » ne devait pas être golfeur.
J’ai vu des photos de la ville, il était plombier ou assureur mais pas golfeur, ça c’est pas possible.
Quelqu’un a dit une fois, ce n’était pas un assureur ça j’en suis sur, « on ne vit pas heureux, on vit des instants de bonheur, à nous d’en créer le plus possible ».
À Kingsbarns, j’ai vécu un long instant de bonheur…
Arriver sur un tel parcours qui embrasse la mer du bout de ses fairways au moment où le tendre soleil d’automne sublime les nuances de vert sur les jaune paille des roughs laisse entrevoir  un avant goût du paradis. Cela donnerait envie de devenir poète bordel de diantre !
Mais trêve de miel de clavier, nous avons eu le temps de tester le driving range et le billard, enfin le putting green comme ils disent chez eux.
Oui, le taxi n’a pas perdu son temps cette fois ci encore…
Premier départ avec Sébastien de Caen, Paul et Dominique. Aujourd’hui encore, comme Dominique, je vais me faire aider par un caddie. Il se nomme Gary, il a une carrure de rugbyman, mon sac ressemble à un étui à crayons sur lui. Souriant, il me met de suite à l’aise avec un discours rassurant sur le parcours et la façon de l’aborder.
Parce qu’aujourd’hui c’est golf plaisir.
Aujourd’hui c’est éviter de dire « c’est beau » toutes les 5mn.
Aujourd’hui c’est oser faire des divots sur ce chef d’œuvre d’harmonie avec la nature.
Aujourd’hui il faut s’en mettre plein les yeux et la boite à souvenirs. 
 
Bien incapable de vous raconter trou par trou, non que je ne me souvienne pas, j’ai ma carte de score dûment remplie, j’ai même écrit les clubs joués. Non, c’est juste qu’il est bien compliqué de vous raconter un tel parcours. Chaque départ vous offre un panorama splendide, chaque green est une merveille dont même la complexité des pentes est belle. Il n’y a rien à faire, au bout de 5 trous, on a tous fini notre dico des synonymes, on n’a plus d’adjectif et on est à court de superlatif.
On photographie à un rythme à faire pâlir un japonais.
On joue, on admire, on photographie, on se regarde en souriant, juste heureux d’être là, sous un soleil froid mais un soleil brillant. Hier nous jouions dans un musée fantastique, aujourd’hui nous sommes dans un palais princier.
En fait je pense que je devrais cesser d’écrire pendant quelques photos…

C’est mieux non ?
Encore un peu ?

Si cela vous donne envie d’y aller, c’est normal, moi-même cela me donne envie d’y retourner…
Information importante, le vent, comme chaque jour a été bien présent et peut ajouter 100yards à un par4 de 350. Cette beauté que vous voyez en image reste la beauté du danger, des bunkers bien placés, des fairways en dévers, des greens à double pente. Une vraie liaison dangereuse qui s’installe pendant 4h. Sur le tee, on s’émerveille, sorti du green, on peut ressortir abasourdi par le rough qui nous a retenus parfois deux fois de suite, par le vent qui balaye aussi les espoirs, par le bunker qui a enterré toute velléité de finir dans le par.
Le score final de +15 sera un bon reflet. Avec un quadruple de toute beauté (oui tout est beau là bas !) et deux doubles, j’oserais dire seulement. Et quand même 8 par mais faits sur trois phases bien distinctes. Sur les 3 premiers trous, ensuite sur 12 et 13 et enfin 15, 16 et 17. Le reste du temps, à part deux bogeys pour cause de 3 putts, de la lutte constante pour rester dans le jeu. Ce parcours me fait penser au chant des sirènes, une beauté envoutante qui finit à chaque fois par vous emporter.
Kingsbarns n’est pas une beauté fragile, loin de là…
En fait, je peux vous dire que j’ai découvert de nouveaux dangers sur un parcours de golf grâce à Kingsbarns.  La beauté et l’harmonie.
Un parcours construit en harmonie avec les parfaites imperfections de la nature, façonné par des siècles de vent, magnifié par des générations de jardiniers possède en lui un danger constant. 
Celui de ne pas être en harmonie avec lui, avec ses pentes, des dévers, ses courbes.
Alors oui, ce n’est pas en le jouant une fois que l’on peut l’appréhender, il faudrait l’avoir parcouru dix fois au moins, juste pour le comprendre simplement, même pas pour l’apprivoiser.
Parce qu’un dessin comme celui là, la première fois, vous restez ébloui par son charme. Quand bien même le caddie vous aide, vous guide, il arrive un moment où ce charme vous piège, vous vole, un voir deux coups, de ci, de là et vous vous réveillez soudain battu par ce palais immobile aux pièges indécelables.
Et ce trou 18, contre le vent, un monstre qui protège son graal en haut d’une colline. Si le drive n’est pas parfait, abandonnez de suite une téméraire inconscience et tentez le avec humilité, il vous accordera peut être le par salvateur…
Mais tout a une fin, nous remontons vers le clubhouse, impossible pourtant de se décoller du paysage qui s’ouvre devant nous. 
Nous sommes des enfants qui rentrons de colonie, marchant vers le train, tournant la tête pour rester le plus longtemps possible les yeux rivés dans ceux de notre amour d’été…
Cela fait 15 jours que je suis rentré. J’ai déjà rejoué au golf plusieurs fois, j’ai même fait des compétitions, en simple et en équipe, avec des coups mémorables, avec des birdies qui marquent l’esprit et des scores qui confortent le mental.
Mais j’ai encore la tête qui se tourne…
Fin.
PS : un grand merci aux copains pour les images en plus et surtout à Sébastien qui a eu la gentillesse d’ouvrir ses albums photo.
PS2 : Un grand merci surtout aux copains leur amitié qui a apporté une vraie richesse à un tel voyage.
PS3 : Et un plus grand merci encore à Dominique Fournet, sans qui ce rêve ne serait resté qu’un rêve…

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L’album blog

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