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LA MÉDAILLE

Dans les poches d’un sac de golf, on trouve parfois des objets qui n’ont pas grand-chose à voir avec le golf…

Ils jouent, pourtant, pour celles et ceux qui l’y ont mis un rôle important. Ils sont les coachs silencieux des moments de doute sur le parcours.
Dans le mien, il y en a un depuis le début.
Un caillou. À l’origine il s’agit d’une blague entre mère et moi, on s’offre des cailloux…
Hier j’ai ajouté un autre objet.
Une médaille.
Une des nombreuses récompenses que mon père a gagnées lorsque, jeune, il faisait de l’athlétisme.
Plus précisément du cross, de la course de fond et de demi-fond.
Il courrait dans les années 60, à l’époque de Jazy et Mimoun.
Le cross est une course difficile, épuisante où la résistance physique seule ne suffit pas. Il faut un mental fort et de l’orgueil pour dominer ses adversaires sur des parcours mêlés de terre brute, de boue glissante et de pavés durs…
Bien entendu, quand j’ai eu l’âge de ses victoires, j’ai voulu faire comme lui, j’ai même connu la victoire.
J’ai hérité de son caractère, voir de son mauvais caractère, mais certains défauts deviennent parfois des qualités face à l’adversité…
Il nous a quittés subitement cette année, sans pouvoir profiter bien longtemps d’une retraite méritée.
Depuis quelques mois je me suis retrouvé obligé de fouiller dans sa maison, dans sa vie. Gérer une succession est une période difficile où des émotions toujours fortes se bousculent.
Mon père, lui,  n’était pas homme à être très expressif avec ses sentiments, il avait l’orgueil et la réserve des hommes d’antan.
Mais il avait gardé dans une vieille valise en cuir de nombreux souvenirs.
Ses sentiments étaient enfouis, cachés…
Comme la première lettre que j’ai écrite à mes parents durant ma première colonie de vacances.
Comme ses médailles, souvenirs de ses combats gagnés sur les circuits et contre l’adversité.
Il en a gagné tellement que tout le monde dans la famille a pu emporter un souvenir de ses victoires.
Celles qui restent partiront avec lui.
Depuis hier, il y en a une dans mon sac. 
Pour que je me souvienne qu’il ne faut jamais rien lâcher tant que la course n’est pas finie…
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2 Comments

  1. bon, ça fait trois fois que je commente, mais…
    ton evocation en demi-teinte, en non-dit, en belles surprises….tres touchante,
    je connais aussi cet homme…mon papa me manque

    bizzzz
    et NOYEUX JOEL!!
    lau

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