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UN SWING EN HIVER…


Le bulletin météo est précis ce lundi matin. Il fera 4° ressenti au mieux 1° à cause de la vingtaine de kilomètres heure de vent sud-ouest et une pluie fine qui fera son apparition de temps en temps.
Toute personne sensée y verrait des signes évidents de rester sous la couette.

J’y vois des signes évidents de mettre mon costume de Spiderman sous ma tenue de golf pour aller faire mon quatrième lundi du National de suite.
En un mois, le froid, le vent et l’humidité se sont installés et les conséquences sur le jeu sont devenues évidentes.
Les piquets des 135m sont de plus en plus loin, la balle vole avec une mauvaise volonté affichée, les mouvements perdent en souplesse et en amplitude, le nez rougit et goutte un peu parfois, l’eau dans la bouteille reste désespérément fraiche.
Heureusement, les derniers conseils de Pro Fesseur Francksont enfin rentrés dans le swing et dans la routine. Cela m’a valu quelques parcours avec de belles crises d’énervement étant donné que je me retrouve fort dépourvu quand les deux parties de mon cerveau s’engueulent pendant que je swingue.
Bon anniversaire Franck!
Orienter le corps par rapport à la face du club et non l’inverse (je le fais naturellement au putting depuis le début, allez savoir pourquoi je ne le faisais jamais avec le reste des clubs).
Bien relâcher avec un swing « intérieur/extérieur »
Éviter de penser au RSI une fois à l’adresse car cela modifie dramatiquement le rythme du backswing.
Retirer le ciment qui a pris dans la jonction épaules/cou.
Désormais, tout est enregistré et ma routine me garde du moindre oubli.
Je continue bien entendu à rater des coups. Simplement au lieu de m’énerver, je réfléchis pendant que je cherche ma balle dans le rough à ce que je n’ai pas fait correctement et je m’applique à le mettre en place sur le coup suivant plutôt que de laisser ma colère diriger le prochain swing.
Je vous avoue que c’est assez constructif comme démarche et que cela évite quelques déboires…
Il m’aura fallu trois Lundi du National et quelques compétitions en équipe pour en prendre conscience mais lundi 15 décembre, j’ai une révélation.
Le bon sens m’est apparu.
C’était au petit matin, le soleil tardait à darder. Seul au milieu de la pénombre, j’ai marché vers le driving range et dans un élan transgressif intense, j’ai franchi le pas et suis parti, épris d’une liberté rebelle, vers les drapeaux, à l’endroit même où les balles tombent en trombe les matins d’été, projetées des tees étêtés.
Furtif, invisible, j’ai ramassé deux balles et suis reparti avec mon larcin vers les tapis pour m’entrainer à l’art sain.
Quelques mouvements d’échauffement rapides et me voilà à l’adresse, prêt à swinguer dans le noir complet.
Et là… Rien. 
Une petite voix m’a susurré à l’oreille, « …………….. ». Puis, constatant que j’avais un bonnet elle a susurré plus fort, « t’as pas de cible à viser, pas très avisé ! »
Brutal constat mais ô combien réaliste, je suis donc retourné au chaud dans le bâtiment pour attendre de voir plus loin que le bout de mon nez.
Une fois toutes les conditions rassemblées, je suis retourné m’échauffer.
Sur le tapis, deux balles prêtes à viser avec les éléments de mon swing à visser.
30mn pour vider le demi-seau, tranquille, zen, calme, serein, relax et détendu, je suis parti vers la cabane au début du jardin pour récupérer ma carte de score et entamer ce quatrième lundi, nimbé d’une béatitude que je n’avais, par ailleurs, jamais connu dans les bureaux du RSI…
Au premier drive, la balle est partie directement dans l’eau à gauche…
Et là surprise, je suis resté calme, je me suis même mis à penser « cool je n’ai pas fait de slice ! »
Je me suis droppé, la balle est restée dans la pente, gratte au fer8 puis socket au fer7…
La balle est dans le rough en pente à droite du green, le drapeau est en bas, entrée de green et pas si loin de l’eau, l’approche au SW est bonne mais la balle ne stoppe pas, le putt ne rentre pas. 7 et croix.
De nouveau, la petite voix me montre la voie « bon tu as tout fait niveau mauvais coups, tu peux y aller sans stress maintenant ».
À partir de là, j’ai oublié le froid, le vent ou cette pluie fine qui revenait régulièrement. Je suis resté sur mon alignement, mon grip et le relâchement extérieur.
J’ai surtout réfléchi chaque coup, pris le risque quand cela était possible, cherché ma distance préférée d’attaque de mât ou d’approche quand la situation demandait une certaine humilité dans cette humidité.
En même temps quand il n’est pas possible de prendre au-delà de fer9 dans ce rough touffu et compact, mieux vaut rester humble…
Je le sais j’ai pris deux fois le fer7…
Cela ne m’a certes pas empêché de faire encore deux double bogeys sur les 17 trous suivants (rater le départ sur le 4 et le 17 coûte cher en cette période hivernale surtout quand on veut absolument jouer le fer7 !) mais sur les 15 trous restants je ne fais que +7 avec en prime un birdie sur le 18 parce que j’ai manqué l’eagle de peu.
Au final l’index vient de tout juste passer sous les 9.
Ce n’est pas encore la partie de l’année, jouer +14 en faisant +7 sur 3 trous n’a rien de glorieux.
Mais cette partie, dans ces conditions, symbolise un cap, un diamant débile (ou rubis con je ne me souviens plus) qui se franchi enfin, celui qui consiste à garder la tête froide tout au long d’un parcours exigeant.
J’espère qu’il ne va pas neiger lundi prochain…
D’ici là je vais avoir l’occasion de bien travailler mon humilité car figurez-vous que samedi prochain, notre Président Arnaud propose un scramble à 4 et à la ficelle sur l’Albatros.
Tee de départ … NOIR !
Je ne suis même pas sûr que l’on n’arrivera même à égaler le record du parcours (-9, Martin Kaymer en 2009) réalisé par un professionnel seul durant l’Open de France !
Des volontaires ?
Allez, courage, il ne pleuvra même pas !
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2 Comments

  1. Félicitations finir l'année en etant "single"!!!!!
    Bravo Jérôme, et avec un peu d'avance mes meilleurs voeux pour 2015.
    Ovilmon

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