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NOYÉ DANS UN VERRE D’EAU…

Autant commencer avec un titre évocateur des 4 jours magnifiques passés à Evian pour le Balbin Golf Open 2016…

La frustration au golf, je connais, nous la connaissons tous.

Un jour sans, ça arrive. Les causes sont multiples, stress, clef technique pas en place, rythme naturel parti aux champignons, éruption volcanique.

Mais 4 jours sans rien, personnellement je n’avais jamais connu ça.

Parfois on entend, « Pourtant au practice tout allait bien »

Mais non, même pas.

Moi c’est, grâce aux cours, j’ai pourtant un swing solide, reproductible facilement, plus simple à contrôler.

Ce qui est vrai, j’ai grandement progressé ces derniers mois et encore plus ces dernières semaines.

J’ai même noté tout ce que je dois retenir dans les modifications techniques sur un carnet qui reste dans mon sac de golf.

Et pourtant, malgré tout cela, 4 jours en enfer sur un parcours franc du collier comme on dit et magnifique de surcroît, Evian.

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Pour ajouter une autre couche, la compétition se déroulait départs jaunes et non blancs comme mon index le prévoyait.

Tout était donc fait pour que cela se passe bien, je me voyais déjà jouer sans grande difficulté sous les 80 grâce à tout ce qui avait été travaillé ces derniers temps, changements tout frais dans le swing.

+29, +15, +20 sur les trois jours de la compétition après un parcours de reconnaissance!

En gros un score d’un index 20… juste trois fois plus que mon index actuel.

On peut chercher mille raisons à cela, internes au golf ou externes.

Étant d’une nature assez « exigeante » vis-à-vis de moi-même, je les rejette toutes sans exception, je n’accepte pas de ne pas reproduire immédiatement ce qui a été appris, compris, physiquement autant qu’intellectuellement dans ce que je travaille.

Il paraît que ce n’est pas la bonne attitude.

J’avoue que ces trois grosses baffes de suite ont tendance à atténuer mon jugement premier.

Quand je disais il y a quelques mois, « le golf vous rend humble de gré ou de force », je vous avoue que je n’avais pas encore vraiment vécu le concept « de force » et que je pensais n’évoquer cette vérité que de manière théorique.

Je suis heureux de vous annoncer que cette sentence est une vérité palpable.

Si je vous écris ces lignes avec un calme apparent, sachez que cette sensation de plénitude philosophique n’est apparue que récemment.

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On passe par plusieurs phases avant celle de l’apaisement du sage assis en lotus en haut de la colline regardant l’azur sans fond face au soleil couchant.

Il y a, auparavant, une phase qui pourrait faire croire que « Hulk, le retour de la vengeance du fils de l’oncle » va bientôt sortir sur tous les écrans.

J’en ai longuement parlé avec mère afin de savoir si, dans mes jeunes années, il m’arrivait de faire preuve d’un certain agacement en cas d’échec d’un acte physique complexe comme faire ses lacets avant de savoir marcher ou vérifier que le thermomètre n’est pas trop gros pour rentrer dans la prise de courant.

En effet, dans ses souvenirs, il pouvait effectivement arriver que je montre de subtiles démonstrations d’une certaine nervosité causée par la frustration d’un échec inattendu…

Mais en grandissant j’ai eu la chance de comprendre que nous passons par 5 phases dans ce genre de situation.

Le Déni, la Colère, le Marchandage, la Dépression et enfin l’Acceptation.

Voyons comment, au golf, ces 5 étapes se déroulent.

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Trou n°1, le drive part totalement en push dans le rough, le recovery est gratté, l’approche est topée, le coup de wedge de 15m arrive à 10m du mât, 4 putts avant de rentrer la balle.

« Tout va bien, c’est juste un souci de réglage du nouveau swing, je vais faire deux birdies de suite et je repars »

Cela s’appelle le déni.

Trou n°2, le drive part totalement en pull, deuxième balle au fer3 qui part en slice, le club part en slice immédiatement après suivi par un flot d’injures.

Cela s’appelle la colère.

Départ du trou n°3, vous vous dites à l’intérieur de vous-même en faisant attention que votre coach, qui est à 500km de là, n’entende rien, « je vais reprendre mon ancien swing avec la nouvelle prise de grip et tourner les hanches à 42° puis les poignets en angle inverse tout en accélérant à l’impact juste le temps de me reprendre et je retrouverais mon jeu »

La gratte hookée qui suit vous indique que vous êtes dans le Marchandage.

Trou n°5 (oui car au 4 vous avez repris la phase colère en déclarant le fer7 injouable vu qu’il est resté dans les branches de l’arbre), vous prenez le départ du par5 de 500m avec un fer9 grippé court, la balle topée rebondit sur une boule rouge et repart derrière vous. Vous vous retournez vers vos partenaires qui sont derrière des arbres 50m en arrière en leur faisant un sourire forcé et dites « je crois que ce n’est pas mon jour, je n’arrive à rien, je vais allez me pendre au fond d’un obstacle d’eau pour cesser de vous ralentir »

Vous entrez doucement dans la phase Dépression.

9 heures après le trou n°18, en pleine nuit, au milieu du practice après un coup de fer8 réussi, vous vous dites « quand on change de nombreux éléments dans le swing, on ne peut pas maîtriser immédiatement les changements, il faut travailler jusqu’à ce que ces changements soient automatisés ».

Vous entamez la phase de l’acceptation.

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Cette succession de phases peut recommencer en boucle durant trois jours quand, par exemple, vous faites trois jours de compétition sur le même golf, Evian dans ce cas particulier et qu’en fait vous vous êtes légèrement menti sur la phase d’acceptation parce que vous n’avez pas vraiment accepté.

Donc le golf va vous faire continuer cette boucle jusqu’à acceptation totale et entière des clauses du contrat qui stipule clairement « tu es humble, tu travailles ton swing, tu te mets dans un bon état d’esprit avant de jouer sinon je te casse le moral jusqu’à ce que tu comprennes ».

Donc pour conclure, Evian est un golf magnifique, Arnaud Balbin est un organisateur hors pair, je le sais pour avoir partagé la chambre de l’hôtel avec lui, avoir vu tout ce qu’il fait avant et après chaque tour de compétition pour que tout le monde pense que l’organisation fonctionne facilement sans effort apparent et enfin que l’ambiance était comme chaque année vraiment géniale et vivement le prochain Balbin Golf Open !

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Sur ce, cours demain, practice à outrance et parcours d’entrainement !

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6 Comments

  1. J’ai connu ça l’an dernier lors d’une compétition sur quatre jours. Lente descente aux enfers, qui a stoppé net ma progression du début d’année.
    Sauf que je n’en suis pas totalement remis et que je cours après mon ancien niveau sans le rattraper.
    Je n’ai pas de clé pour en sortir à offrir, juste de la compassion. 😉

    • Il me faut travailler à bien automatiser les nouveaux changements dans le swing que je travaille avec Franck.
      ça peut en effet prendre du temps mais je suis d’une patience géologique 🙂
      Merci pour ton empathie que je sais grande 🙂

  2. T’as pris ton drive au 2 ??? Bienvenue au club des depressifs repentis, et n’oublie pas : ce qui ne te tue pas…

    • Non bien sûr, c’était à titre d’exemple, d’ailleurs j’ai toujours touché le green au 2 🙂
      Ce qui ne me tue pas a intérêt à courir vite! 😀

  3. Rien à dire sur ton niveau de jeu. Mais c’était un plaisir de t’accompagner (enfin vous) sur la moitié du parcours !

Ne jamais hésiter à commenter :)