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LA TECHNIQUE DU MENTAL…

Le titre pourrait sembler contradictoire. Nous le savons tous, deux grands domaines régissent notre swing de golf, le technique et le mental, deux concepts opposés par essence.

La technique pour le golf c’est un peu le solfège pour le piano et quand le musicien maîtrise bien le solfège, il peut jouer sans lire la partition. Au golf, quand le swing commence à être bien maîtrisé, automatisé, on ne réfléchit plus, le mental gère la majorité du geste.

Sauf qu’au golf, le piano est dehors, les touches ne sont jamais disposées de la même manière et pourtant on a le même morceau à jouer.

C’est fort de ces certitudes que j’allais lundi dernier rencontrer, grâce à la gentillesse de Xavier Gautier, Mathieu, « fitteur » reconnu pour Exclusif Golf afin de tester une marque qui attise la curiosité de beaucoup de golfeur, PXG.

Le fitting avec Mathieu est très complet, il n’est pas qu’une série de swings analysés par une machine. Mathieu travaille aussi avec les profils « Action Type » pour mieux comprendre le « swing morphologique » du joueur. Lié aux mesures précises du Flighscope, au désormais fameux tapis qui capte le déplacement du poids du corps, cela apporte des indications plus fines sur les besoins du golfeur.

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J’avais déjà rencontré Mathieu et Xavier à Bethemont pour essayer la célèbre marque Honma, des clubs forgés de qualité dont le look a changé quelque peu pour s’adapter au marché occidental.

Mais je voulais vraiment tester PXG, les clubs forgés les plus « tendres » du marché selon son concepteur.

Un look volontairement très atypique avec toutes ces petites vis de réglage apparentes sur tous les clubs.

J’étais très attiré par cet aspect un peu brut de fonderie mais au golf le toucher sur la balle compte plus que le look dans le sac.

Enfin pour moi…

En effet, ce sont des clubs au toucher exceptionnel, voyons donc les résultats du fitting.

Celles et ceux qui me connaissent doivent commencer à se demander combien de dizaines de fitting j’ai déjà fait !

Mais je travaille à une refonte quasiment complète de mon swing avec Franck et je commence à penser que ce travail serait optimisé avec un autre type de shaft et un équilibrage différent de mes clubs.

Si mon swing change, mes clubs devraient, eux aussi, changer.

Pourquoi ?

Très simple, je passe d’un swing majoritairement de bras et beaucoup (trop) de mouvements de poignets à un swing plus global où le corps dans son ensemble entre en action.

Bon, il entre bien en action dans son ensemble, c’est juste qu’il n’est pas encore bien habitué et en ce moment j’ai souvent le tiercé dans le désordre !

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J’avais des shafts avec un point de flexion plutôt « centre bas » et un équilibrage très marqué en tête. Mais plus mon swing devient « global » plus je ressens le besoin de remonter le point de flexion et d’amener un équilibrage plus dirigé vers le grip que vers la tête.

La tête du club, pas la mienne, la mienne est définitivement déséquilibrée…

Le fitting avec Mathieu était donc une excellente occasion de vérifier par la mesure ce nouveau ressenti.

Après une petite heure, le constat a été clair, le shaft le plus adapté est un shaft avec lequel je n’étais absolument pas à l’aise un an auparavant, pour les connaisseurs un KBS C Taper Lite alors qu’actuellement j’ai un NS PRO 105g reg Hard Step.

Est-ce un résultat auquel je peux me fier ?

La cause majeure qui empêche d’avoir des résultats précis avec un fitting est simple à identifier.

Nous-même et notre « swing du jour »

La veille vous avez fait des coups parfaits, totale osmose avec les éléments, le lendemain au fitting, vous ne sortez aucun shot, stress total, impossible de sortir des chiffres cohérents. Le mental est parti quelque part et le solfège ne suit plus.

Ah ! Si on pouvait savoir quand nous sommes dans le bon état mental pour faire un bon swing !

Oui, ne nous mentons pas, nous nous mentons tous à nous même assez souvent avant de jouer.

Nous démarrons rarement notre swing avec tous les feux au vert dans la tête, souvent, on se débarrasse de la balle comme on se débarrasse d’un problème, en allant le perdre dans les bois.

Je parle à ceux qui vivent près d’une forêt, il existe aussi plein d’endroits en ville pour se débarrasser d’un corps d’un problème et le Street Golf est là pour vous aider.

Souvent on pense être bien pour jouer mais non, la check-list est incomplète et l’avion ne devrait pas décoller. Mais on le fait décoller quand même…

Il existe désormais un moyen sûr pour savoir si nous sommes dans le bon état mental pour faire notre swing.

Notre cerveau (j’avais déjà parlé de Pif et Paf), est, pour faire simple, composé d’un hémisphère qui réfléchit et d’un hémisphère qui agit. La partie qui réfléchit fait la check-list et autorise le décollage, la partie qui agit prend ensuite les commandes, rassurée et confiante.

pif paf

Sauf que si la partie qui réfléchit est encore en activité au moment du backswing, la catastrophe est imminente.

Avouez-le vous avez déjà monstrueusement raté votre second coup car vous étiez encore énervé ou très content du premier.

Même démarrer le backswing en se disant à soi-même « Allez vas-y cool, tout va bien se passer » vous êtes en train d’avoir une pensée réfléchie et donc vous allez dans le mur.

Alors c’est quoi la bonne recette !!!!

Il n’y en a pas.

Ça valait le coup de lire jusque-là…

Chacun a une façon propre à lui de passer de la phase action à la phase réflexion et vice et vertu, ou versa.

Donc ce moyen sûr pour savoir quelle partie est en activité, qu’est-ce donc ?

Le bandeau de samouraï ci-dessous.

Focus Band

Nouvel outil dans la panoplie du golfeur, le Focus Band.

Bandeau équipé de capteurs permettant de savoir avec précision quelle partie du cerveau est en activité.

Je l’ai mis et j’ai testé tout ce que je fais habituellement pour être dans le meilleur état possible pour faire mon swing.

Respiration par le ventre, focus sur un point précis, chanter Tata Yoyo en japonais dans ma tête, bref, j’ai fait un tour complet des techniques reconnues par les plus grands scientifiques.

Quand la partie qui agit domine, une douce mélodie se fait entendre, signe que l’on peut jouer si tant est que l’on arrive à conserver l’état assez longtemps.

Et ce n’est pas Tata Yoyo en japonais, déçu je suis.

Cela vient assez vite car on sait le faire intuitivement, ce qui est amusant c’est que plus on le travaille moins on y arrive car on finit par intellectualiser le processus et donc essayer de réfléchir à se détendre et se focaliser.

J’ai fini par trouver une façon qui m’est propre. Ce n’est pas en me focalisant sur la balle mais sur la cible, mais vraiment se focaliser dessus pas juste la regarder comme une vache regarde un train. La petite musique se fait timide, elle arrive par à-coups au début puis devient plus sûre et enfin reste présente quand, une fois ce focus fait, je reviens doucement vers ma balle et que, dans la foulée, au retour des yeux, les bras continuent le mouvement avec le backswing.

Ça a marché vraiment une fois, avec mon bois 5 fétiche. Trajectoire parfaite, le travail fait avec Franck mis en place sans faute, comme dans un rêve.

Oui vous connaissez ça, vous l’avez déjà vécu.

Sauf qu’ensuite on cavale partout dans le cerveau pour retrouver où on a rangé la technique du « tape comme dans un rêve ».

Dans la semaine, je suis allé jouer au Prieuré, parcours ouest.

Un trou maudit, le 5. Par 5 en dogleg gauche pour la mise en jeu et ensuite une longue ligne droite parsemée de bunkers.

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435m réalisé en deux coups de bois5 pour arriver bord de green, approche putt pour l’unique birdie de la journée. Une carte déplorable, comme tout le temps en ce moment, j’ai passé mon temps à être dans le solfège réfléchi sauf sur ce trou.

J’ai fait ma check-list des points techniques à bien gérer car ils sont encore nouveaux et pas correctement automatisés mais mon corps sait les faire, les a déjà fait, il me fallait donc « me faire confiance » et le laisser faire.

J’ai repris l’exercice de focus découvert lors du fitting avec Mathieu, je l’ai fait « sincèrement » et bien ça a marché, j’ai retrouvé mon swing de « comme dans un rêve » dans la réalité !

En conclusion, allez voir Mathieu et demandez-lui une séance bandeau Kamikaze !

Sans oublier de tester les marques d’exception qu’il y a dans la vitrine…

Sur ce, aux champignons !

Non au practice, parcours, focus.

Taaaaaaaaaaata Yoyyoooooooooo !

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2 Comments

  1. Bonjour
    Vraiment une bonne lecture et pour avoir lu certains de vos textes, je suis devenu un fervent lecteur .
    Pour revenir au fond , j ai vécu la même expérience avec Eclusifgolf et Mathieu . Je me retrouve dans chaque ligne. Une bonne experience mais qui me laisse un peu dubitatif.

    Que faire maintenant avec mon profil type un marcheur par le haut avec point mobile haut et dissocié. Si je donne ces infos à mon pro irlandais du moment cela va être sympa de voir sa reaction.
    Et puis le test du bandeau, amusant de constater que nous lachons rarement prise, trois respi ventrale plus tard le swing est naturel mais
    Temporaire .
    Bon je vais lire votre doc sur le fitting de putter.
    A la prochaine lecture
    Patrick

    • Bonjour Patrick,

      Heureux de constater que certains écrits peuvent servir à autrui 🙂
      John a démarré le fitting wedge aussi, un article à prévoir avant le printemps !
      Bonne continuation ici et sur le vert.

      Ami calmant
      Jérôme

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